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Refus de mise en liberté provisoire dans l’affaire Billie By Nze : Jean Valentin Leyama hausse le ton face à la justice

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Libreville, 16 mai 2025 — L’affaire Billie By Nze continue de secouer l’échiquier politique et judiciaire gabonais. Après le refus de la Chambre d’accusation d’accorder la liberté provisoire au président du parti Ensemble pour le Gabon (EPG), les voix dissidentes se multiplient et se font de plus en plus tonitruantes. Parmi elles, celle de Jean Valentin Leyama, figure politique du mouvement Réagir et ancien député de la transition, qui a dégainé une charge frontale et sans concession contre l’appareil judiciaire gabonais.

C’est par le truchement des réseaux sociaux, le 15 mai dernier, que Jean Valentin Leyama a choisi de rompre le silence — et le ton ne souffre d’aucune ambiguïté. Sans détours ni circonvolutions, l’ancien parlementaire flingue une décision qu’il juge non seulement inique, mais historiquement lourde de conséquences.« La décision de la Chambre d’accusation est une honte », martèle-t-il d’emblée, avant d’asséner : « La justice gabonaise a raté, une nouvelle fois, une occasion historique d’affirmer son indépendance et, quoi qu’elle fasse, elle continue de creuser le fossé de méfiance entre elle et la population. » Des mots qui claquent comme une gifle adressée à une institution déjà fragilisée par des années de défiance populaire.

L’ombre de Mandela, Sonko et Diomaye planer sur Libreville?

Pour étayer sa démonstration, Leyama convoque l’histoire avec une habileté rhétorique redoutable. Il rappelle à la justice gabonaise des trajectoires qui devraient lui servir de miroir — et d’avertissement.« Qu’elle n’efface pas de son esprit les cas de Nelson Mandela, Diomaye Faye et Ousmane Sonko qui, à cause d’une justice instrumentalisée, sont passés de la prison au sommet du pouvoir », assène-t-il, avant de lancer ce qui ressemble à une prophétie politique : « Votre complicité dans sa persécution va contribuer à l’élever. Comment allez-vous le regarder demain, quand de manière irrésistible et incontournable, il deviendra votre futur président de la République ? Sachez ne pas insulter l’avenir. » Une mise en garde solennelle qui résonne comme un avertissement historique adressé à ceux qui tiennent aujourd’hui les rênes de la magistrature gabonaise.

Ce qui confère à cette prise de position une portée particulièrement retentissante, c’est précisément son origine. Jean Valentin Leyama n’est ni un allié de Billie By Nze, ni un sympathisant de son parti. Il le revendique lui-même avec une franchise désarmante.« Je ne suis pas militant de son parti. Je ne l’ai pas vu physiquement depuis plusieurs années jusqu’à ce jour. Membre d’Alternance 2023, je l’ai combattu », confesse-t-il sans détour.

Avant d’ajouter, dans un élan qui transcende les clivages partisans : « Mais je demeure un défenseur indécrottable de l’état de droit. »C’est précisément cette distance assumée qui donne tout son poids à son plaidoyer. Quand un adversaire politique prend la défense d’un détenu, ce n’est plus une question de camp — c’est une question de principe.

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