
Alors que la rentrée administrative est effective depuis lundi 31 août 2026 et que plusieurs établissements affichent visage neuf à Libreville comme à l’intérieur du pays, d’autres ressemblent encore à un champ de bataille. Parmi les infrastructures scolaires laissées en état de délabrement avancé figure le lycée public de Mikolongo, dans le nord de Libreville. Mis à part le passage d’une débroussailleuse, rien — ou presque — n’a bougé.
Construit il y a plusieurs décennies, l’établissement affiche aujourd’hui de sérieux signes de fatigue. Sur certains murs, les fers à béton apparaissent à nu, le revêtement ayant cédé sous l’effet du temps. Ailleurs, ce sont de larges fissures qui trahissent l’usure avancée des bâtiments.

Un danger réel pour les élèves comme pour les enseignants appelés à y dispenser les cours. Autant de signaux d’alarme qui devraient interpeller la direction de l’établissement et la tutelle, à quelques jours seulement de la rentrée des classes. Faut-il, une fois encore, attendre un drame pour agir ?

Le même constat s’impose au niveau des plafonds. Usés par le poids des années, les intempéries et un soleil de plomb, ils laissent par endroits apparaître la tôle à nu. Peinture écaillée, tables-bancs vétustes, tableaux d’un autre âge : l’ensemble de l’infrastructure semble figé dans le temps, entre souvenirs du Moyen Âge pédagogique et reliquats de l’époque coloniale.

l’espace d’apprentissage constitue l’un des piliers de la réussite scolaire, au même titre que la qualité de l’enseignement dispensé. À Mikolongo pourtant, le tableau reste préoccupant : les images parlent d’elles-mêmes. Plusieurs salles de classe sont dépourvues de toute protection, une situation qui expose l’établissement à des risques d’intrusion et pourrait faciliter la sortie d’élèves par ces ouvertures béantes. En milieu scolaire, la sécurité ne devrait pourtant souffrir d’aucun compromis.
Le développement d’une nation passe irrémédiablement par l’éducation. Les grandes puissances mondiales l’ont bien compris : dépourvues de matières premières, elles détiennent en revanche le savoir-faire nécessaire pour transformer celles que l’Afrique exporte brutes. Un pays qui aspire à un véritable développement se doit donc de placer l’éducation — et les conditions d’apprentissage qui l’accompagnent — au cœur de ses priorités. Le reste ne serait qu’un vœu pieux, sans effet réel sur l’avenir de la jeunesse.
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