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[Gabon] Fonds des casiers judiciaires, sanctions de magistrats, statut en stand-by : le Synamag monte au créneau

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Le Syndicat national des magistrats du Gabon (SYNAMAG) interpelle les autorités gabonaises et l’opinion publique sur la situation de la magistrature, dans un communiqué signé par son président Landry Abaga Essono parvenu à la rédaction ce jeudi 03 septembre 2026, alors que la rentrée judiciaire intervient dans un contexte marqué par des sanctions disciplinaires, le retard du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), l’insécurité dans les juridictions et l’absence de plusieurs textes d’application du statut des magistrats.

Ce réquisitoire survient dans un climat judiciaire particulièrement chargé au Gabon. Le Conseil de discipline a prononcé, le 25 août 2026, des sanctions à l’encontre de plusieurs magistrats, dont certains ont été radiés. Dans le même temps, la session ordinaire du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), pourtant obligatoire dans la première quinzaine de juillet en vertu du statut des magistrats, n’a toujours pas été convoquée. À cela s’ajoute ce dossier explosif de la traçabilité financière des recettes judiciaires, que le Synamag a choisi de mettre en avant dans son communiqué.

Traçabilité financière : les millions qui interrogent

C’est le volet le plus sensible du texte. Une commission mixte avait remis, dès octobre 2025, un rapport préconisant de rendre obligatoire la quittance du Trésor Public pour tout paiement de procédure judiciaire — une mesure censée faire « de la justice un acteur déterminant dans l’optimisation des recettes publiques ». Près d’un an plus tard, le syndicat constate que « le Ministre de la Justice n’a daigné accorder aucune attention à ce projet de texte ».

Pire, le Synamag dénonce aujourd’hui « des tentatives inavouées de captation » de ce produit de l’activité judiciaire. Seule mesure concrète adoptée entre-temps : l’obligation de quittance pour le casier judiciaire, jugée par le syndicat totalement insuffisante puisqu’elle « ne concerne que le seul casier judiciaire, qui est précisément l’acte dont le coût est le moins élevé de tous les actes judiciaires payants ». Une mesure qualifiée d’« affichage » qui « n’offre strictement aucune des garanties de pérennité » faute de base juridique contraignante.

Le communiqué pousse l’interpellation plus loin, avec une série de questions frontales : « Comment le Ministre a-t-il géré, jusqu’à présent, l’argent du casier judiciaire ? », « Où sont passés les centaines de millions du Greffe du commerce logé à l’ANPI et géré par le cabinet du Ministre ? ». Le syndicat affirme n’avoir « eu de cesse de demander au Ministre la communication du solde du compte justice logé au Trésor Public », sans jamais obtenir de réponse.

Sanctions disciplinaires : entre fermeté et disproportion dénoncée

Le syndicat ne conteste pas la nécessité de sanctionner les manquements déontologiques et se dit prêt à « condamner sans complaisance » les comportements déviants. Il juge néanmoins que certaines sanctions prononcées le 25 août « apparaissent disproportionnées » et se déclare disposé à assister les magistrats souhaitant les contester devant le Conseil d’État. Le communiqué va plus loin en dénonçant une justice que le pouvoir politique « convoque pour régler des comptes qui n’ont rien de judiciaire », avant de la présenter comme seule responsable des dérives qu’elle aurait servi à masquer.

Une insécurité alarmante au sein même des juridictions

Le syndicat évoque deux épisodes révélateurs de ce que le syndicat appelle un « abandon sécuritaire ». À Libreville, une tentative d’immolation dans l’enceinte du palais de justice a illustré, selon le Synamag, l’absence de dispositif adapté. À Mouila, des forces de l’ordre auraient refusé d’exécuter des mandats de comparution et retiré la protection due au Procureur Général, dans « l’indifférence assourdissante du Garde des Sceaux ».

Le syndicat pointe également le délabrement matériel des juridictions. Hormis le palais de justice de Libreville, dont la rénovation vient tout juste de s’achever après plus de dix ans de travaux, « aucun autre palais de justice n’a été rénové encore moins construit ». Une promesse gouvernementale de rénovation, annoncée il y a un an, serait restée sans suite concrète.

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