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Gabon : le SYNACA dénonce un « chantage administratif » et invite le ministre Kessany à rectifier le tir

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Libreville, 28 août 2026 — Le torchon brûle entre le monde artistique gabonais et sa tutelle. Dans une lettre ouverte cinglante adressée à Paul Ulrich Kessany, ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, Christian Mermance N’nang Nsome, président fondateur du Syndicat National de la Culture et des Arts (SYNACA) fustige une pratique qu’il juge illégale et discriminatoire : subordonner l’accès des créateurs aux dispositifs d’accompagnement de l’État — et leur participation aux manifestations culturelles officielles — à une adhésion obligatoire au Bureau Gabonais des Droits d’Auteur et des Droits Voisins (BUGADA).

Le syndicaliste y voit une dérive qui serait orchestrée par des collaborateurs qu’il accuse de méconnaître les textes en vigueur. Si cette directive venait à être confirmée, écrit-il, elle « s’apparente malheureusement à un chantage administratif et juridique qui induit [l’]autorité en erreur ».

Une entorse manifeste au cadre légal, selon le SYNACA

Pour le président du syndicat, cette exigence heurterait frontalement la réglementation gabonaise. Il rappelle que « l’adhésion d’un créateur à un organisme de gestion collective demeure un acte strictement libre et volontaire » et martèle que « nul ne peut être contraint d’adhérer » à un bureau pour bénéficier de ses droits professionnels ou de l’appui de l’État. Argument supplémentaire brandi par le SYNACA : « le nouveau cadre légal consacre la fin de l’exclusivité du BUGADA en matière de gestion collective des œuvres de l’esprit », rendant d’autant plus caduque toute obligation d’affiliation exclusive. Le syndicat dit constater, « avec regret », une confusion des rôles sur le terrain.

La DGAIC invitée à rester dans son couloir

Fort de son passage au conseil d’administration du BUGADA, N’Nang Nsome recentre le débat sur les compétences institutionnelles. Il estime que la Direction Générale des Arts et des Industries Culturelles (DGAIC) doit se cantonner à ses missions régaliennes — l’établissement et la délivrance des cartes professionnelles d’artistes — sans empiéter sur les prérogatives propres au BUGADA.

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