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[Coupe du Monde 2026] Prestations des sélections africaines : des errements tactiques dans le money-time

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Depuis le coup d’envoi de cette Coupe du Monde disputée sur le sol nord-américain — entre Mexique, Canada et États-Unis — les représentants africains laissent nombre d’aficionados du ballon rond pantois. Capables d’ouvrir le score, voire de prendre l’ascendant sur des adversaires huppés, ils s’effondrent presque systématiquement dans le money-time, un scénario qui a fini par emporter plusieurs d’entre eux vers la sortie.

Le cas le plus emblématique reste celui, tout frais, des Pharaons face à l’Argentine en huitièmes de finale, ce mardi 7 juillet à Atlanta. Menés au score dès la 15ᵉ minute par une réalisation de Yasser Ibrahim, puis condamnés au doublé de Mostafa Ziko à la 67ᵉ minute, les champions du monde en titre semblaient au bord du gouffre. L’Égypte tenait alors une avance de deux buts jusqu’à la 79ᵉ minute.

Mais dans un scénario totalement fou, l’Albiceleste a inscrit trois buts en l’espace de treize minutes, par l’entremise de Cristian Romero (79ᵉ), Lionel Messi (83ᵉ) puis Enzo Fernández, au bout du temps additionnel (90ᵉ+2), pour arracher une qualification inespérée (3-2). Une remontada argentine aussi spectaculaire que révélatrice d’un scénario devenu récurrent chez les sélections africaines : dominer le match durant plus d’une heure, puis s’écrouler dans les vingt dernières minutes.

Le naufrage sénégalais, symbole d’un mal plus large

Autre illustration cinglante : la déconfiture du Sénégal face à la Belgique en seizièmes de finale. Les Lions de la Teranga menaient 2-0 jusqu’à la 86ᵉ minute avant que les Belges ne les poussent dans leurs derniers retranchements et ne s’imposent 3-2 sur un penalty transformé à la 120ᵉ minute.

Ismaïla Sarr avait pourtant signé le break d’une demi-volée magnifique dès la 51ᵉ minute, avant qu’un scénario catastrophe ne vienne tout balayer. Le vestiaire sénégalais lui-même n’a pas mâché ses mots : Krépin Diatta a publiquement fustigé le manque de rigueur collective, un ancien international allant même jusqu’à pointer directement les choix de changements opérés par le staff.

La Côte d’Ivoire, autre victime du relâchement final

Même topo pour les Éléphants, sortis par la Norvège d’Erling Haaland. Amad Diallo avait égalisé d’une action individuelle éblouissante à la 74ᵉ minute, avant qu’Erling Haaland ne surgisse, seul devant les cages, pour offrir la victoire aux Scandinaves à la 87ᵉ minute. Un exemple de plus d’une équipe africaine supérieure dans le contenu, mais incapable de verrouiller son avantage dans les vingt dernières minutes.

La RD Congo : la désillusion d’un exploit historique gâché en fin de mat

Autre cas d’école : celui des Léopards de la RD Congo, auteurs pourtant d’une qualification historique en phase à élimination directe. Opposés à l’Angleterre en seizièmes de finale, les Congolais avaient surpris leur monde en ouvrant le score dès la 7ᵉ minute par l’intermédiaire de Brian Cipenga, joueur évoluant pourtant en deuxième division espagnole. Vaillants, portés par un gardien remplaçant étincelant, Lionel Mpasi, auteur de plusieurs parades décisives, les Léopards ont longtemps fait douter les Three Lions.

Mais, comme leurs homologues sénégalais, ivoiriens et égyptiens, ils ont fini par céder dans le dernier quart d’heure : Harry Kane, insatiable, a inscrit un doublé aux 75ᵉ et 86ᵉ minutes pour renverser la vapeur et sceller la qualification anglaise (2-1). Un scénario douloureusement familier, où l’énergie déployée pendant plus d’une heure de jeu s’est retrouvée anéantie par un relâchement fatal dans les ultimes instants.

Un mal structurel plutôt qu’un simple hasard

La majorité des buts encaissés par les sélections africaines dans ce Mondial surviennent, avec une récurrence troublante, dans le dernier quart d’heure de jeu. Le constat est implacable : à ce moment charnière, nombre de staffs techniques choisissent de faire entrer des attaquants supplémentaires en lieu et place de défenseurs, fragilisant ainsi un dispositif censé verrouiller la rencontre.

Pire encore, certains persistent à conserver leur schéma tactique initial, sans la moindre once d’adaptation, alors même que la logique la plus élémentaire commanderait de moduler son organisation en fonction de la physionomie du match. Le football moderne exige de la flexibilité, pas de l’entêtement.

Le Maroc, seul continental à confirmer

Pendant que les autres sélections africaines s’illustrent par des flambées éphémères, le Maroc, lui, poursuit sereinement sa razzia. Après avoir surclassé le Canada 3-0 samedi 4 juillet à Houston grâce à un doublé d’Azzedine Ounahi, les Lions de l’Atlas sont devenus la première nation africaine à se qualifier deux fois de suite pour les quarts de finale d’une Coupe du monde. Ils y affronteront la France ce jeudi 9 juillet.

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