
La haine de l’étranger gagne du terrain sur le continent, entre campagnes de rejet en afrique du sud et tensions grandissantes au sénégal. D’un bout à l’autre du continent, la défiance envers les migrants se mue peu à peu en hostilité déclarée, nourrissant un climat de peur que les organisations de défense des droits humains peinent désormais à contenir. Il y a quelques jours, à Dakar, au Sénégal, de nombreuses voix se sont levées pour dénoncer cette situation.
Si le sénégal n’a pas encore basculé dans une violence comparable à celle de l’Afrique du Sud où des mouvements anti migrants se sont formés, des signaux inquiétants y apparaissent également. Sur les réseaux sociaux, des contenus associent désormais la présence de migrants à divers maux urbains — insalubrité, occupation anarchique de l’espace public — des discours qui trouvent un écho préoccupant auprès de certains acteurs politiques. Face à cette dérive, la société civile s’est mobilisée.
Amnesty international, la ligue sénégalaise des droits de l’homme (lsdh) et la raddho ont cosigné un communiqué condamnant fermement les discours de haine, qu’ils se propagent en ligne ou dans les médias traditionnels, et appelant au respect de la téranga, cette tradition d’hospitalité qui fonde l’identité sénégalaise.
Les défenseurs des droits humains rappellent une évidence trop souvent occultée : les migrants qui traversent les frontières ouest-africaines fuient, comme tant d’autres, la précarité — au même titre que les milliers de sénégalais qui, chaque année, tentent la traversée vers l’europe, l’espagne en tête.
Sur le plan juridique, les traités de la cedeao garantissent pourtant la libre circulation des personnes au sein de l’espace communautaire, même si l’installation durable reste soumise à des règles administratives précises. À l’heure où ces lignes sont écrites, le gouvernement sénégalais n’a pas donné suite aux sollicitations pour un entretien.
un continent à la croisée des chemins
De johannesburg à Dakar, le constat s’impose : la xénophobie ne connaît plus de frontières internes à l’afrique. Elle se love dans les non-dits économiques, s’amplifie sur les réseaux sociaux et met à l’épreuve la solidarité panafricaine que les textes fondateurs de l’union africaine promettaient pourtant de garantir.

Le foyer le plus brûlant de cette poussée xénophobe demeure sans conteste l’afrique du sud. dès le 12 juin 2026, france 24 rapportait la multiplication des rassemblements de mouvements nationalistes accusant les étrangers de spolier les emplois et les ressources du pays, sur fond d’ultimatum fixé au 30 juin pour le départ des sans-papiers.
Cette échéance, largement relayée sur les réseaux sociaux par le collectif march and march, a débouché le 1er juillet 2026 sur une vague de manifestations rassemblant des milliers de sud-africains à travers le pays, derrière le mot d’ordre « l’afrique du sud est aux sud-africains, pas aux étrangers ». Face à ces menaces, environ vingt-cinq mille étrangers, originaires pour la plupart d’afrique subsaharienne, ont choisi l’exode dans les semaines qui ont précédé.
Reste à savoir si les états sauront endiguer ce vent mauvais avant qu’il ne s’installe durablement dans les mentalités — ou s’ils continueront, en creux, à s’en accommoder pour mieux détourner le regard de leurs propres fractures.
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