
Libreville — Le samedi 12 septembre, les habitants d’Okala et leur collectif se sont réunis avec les autorités gabonaises pour faire toute la lumière sur le projet d’extension de la voie de contournement, en particulier sur le tronçon reliant l’ancien Okala au quartier Delta. Une rencontre placée sous le signe du dialogue, destinée à apaiser les tensions nées d’un déficit de communication.
La réunion s’est tenue en présence du gouverneur de l’Estuaire, du ministre de l’Intérieur, du ministre de l’Habitat, ainsi que des maires de Libreville et d’Akanda et des élus locaux. Objectif affiché : présenter le tracé probable de la voie avant le lancement des travaux et couper court à toute polémique.
Pour le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, cette seconde rencontre bipartite illustre la méthode voulue par le chef de l’État : « allez vers les populations, expliquez-leur ». Il a salué un dialogue qui a permis de rassurer les riverains : « on ne peut pas arrêter le développement », a-t-il martelé, rappelant qu’aucune avancée n’est possible sans infrastructures routières.
Un hôpital dédié aux AVC, moteur du projet

Le ministre de l’Habitat, Mays Mouissi, a replacé le chantier dans une perspective de santé publique. Selon lui, l’élargissement de la voie d’Okala répond à une instruction présidentielle liée à la construction d’un hôpital spécialisé dans la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC), au Delta Postal — une pathologie où chaque minute gagnée dans le transfert des malades compte.
Le ministre a précisé que le plan présenté aux habitants n’a rien de définitif : « ce que nous avons fait aujourd’hui permet de ramener la paix sociale ». Les services techniques doivent désormais l’affiner en intégrant les remarques et attentes des populations, avant sa transmission aux plus hautes autorités pour validation.
Un échangeur prévu à l’ancien dispensaire d’Okala

Sur le plan technique, le projet prévoit également l’aménagement d’un échangeur au niveau de l’ancien dispensaire d’Okala, point stratégique censé fluidifier la circulation à l’intersection avec le nouveau tracé. Cet ouvrage doit permettre de désengorger un axe déjà fortement sollicité, tout en sécurisant l’accès à l’hôpital en projet.
Des emprises variables selon les
C’est le Directeur Général Adjoint (DGA) de l’ANUTTC (Agence Nationale de l’Urbanisme, des Travaux Topographiques et du Cadastre) au Gabon est Charles Léonard Nguema Ebozo’o qui a mis en exergue les explications techniques du projet.
Concrètement, l’impact du chantier sur les habitations diffère selon les côtés de la voie. Sur la portion la moins touchée, côté droit, l’emprise devrait avoisiner 3 mètres de chaque côté. En revanche, côté gauche, l’ANUTTC reprendra intégralement les études, l’impact y étant jugé beaucoup plus important : une profondeur d’environ 16 mètres à partir de la fin de la chaussée actuelle sera concernée. Les constructions situées dans ce périmètre seront évaluées par les experts de l’agence dès la semaine suivante, en vue d’un accompagnement et d’une indemnisation des familles concernées
Le collectif d’Okala salue une avancée
Porte-parole du collectif des populations d’Okala, Ekomie Édouard a exprimé sa satisfaction à l’issue des échanges. Il a rappelé l’attachement des riverains au respect des procédures foncières et cadastrales, appel qu’ils avaient porté auprès du chef de l’État et des ministères concernés. « Nous sommes plus ou moins éclairés, édifiés par le projet », a-t-il déclaré, saluant la présence des autorités gouvernementales et municipales de Libreville et d’Akanda.
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