
Dix-sept ans se sont écoulés depuis la disparition d’Omar Bongo Ondimba. Pourtant, la figure du président fondateur continue de structurer le discours et l’identité du Parti démocratique gabonais (PDG). La commémoration organisée ce 8 juin 2026 ne s’est pas contentée d’être un simple devoir de mémoire : elle a constitué une tribune politique à part entière, au cours de laquelle les dirigeants du parti ont réaffirmé les valeurs qu’ils présentent comme l’héritage indéfectible de l’ancien chef de l’État.
La journée a débuté par un moment de prière à la mosquée avant de se poursuivre au siège du parti, à Louis. Militants, cadres et responsables s’y sont rassemblés pour honorer la mémoire de celui qui a tenu les rênes du Gabon pendant plus de quatre décennies et fondé le PDG en 1968. La commémoration s’est ensuite prolongée à la Cité de la démocratie — site emblématique dont la réhabilitation vient d’être achevée —, où le président du parti, Blaise Louembé, a accompagné les militants dans une visite chargée d’émotion et de symboles.
C’est toutefois dans les discours prononcés au siège que la portée politique de l’événement a pris toute sa mesure. La secrétaire générale du PDG a d’emblée récusé toute lecture protocolaire de la journée. « C’est un geste de conscience et de reconnaissance envers non seulement le président fondateur de notre parti, mais aussi un homme d’État qui aura marqué 41 ans durant la vie de notre pays », a-t-elle déclaré.
Évoquant l’attachement d’Omar Bongo Ondimba au dialogue, à la paix et à l’inclusion, elle a notamment remis au centre des débats le concept de géopolitique — cette doctrine visant à associer l’ensemble des composantes de la nation à la gestion des affaires publiques, en favorisant l’accès des femmes et des jeunes aux responsabilités. « La géopolitique n’est pas un vain mot ni un simple slogan politique », a-t-elle martelé.
L’appel à l’unité de Blaise Louembé
Cette référence à la géopolitique a également été reprise avec conviction par le président du PDG. Pour Blaise Louembé, ce concept demeure « l’instrument parfait de discrimination positive, socle de la politique de l’égalité des chances ». Tout en reconnaissant les controverses qu’il a parfois suscitées, il a invité les militants à en préserver l’esprit originel : celui de l’équilibre, de l’inclusion et de la cohésion nationale.
Mais c’est surtout l’appel à l’unité qui a dominé son intervention, dans un contexte où le parti poursuit sa laborieuse réorganisation après les bouleversements politiques de ces dernières années. « Notre devoir est de faire le serment de transmettre à la jeune génération ce PDG un et indivisible tel que nous l’avons reçu en héritage », a-t-il lancé, exhortant les siens à cultiver l’esprit de rassemblement et la tolérance mutuelle. Il a également appelé à préserver « l’âme » et la ferveur militante du parti, pour prémunir la formation de tout affaiblissement.
Au terme de cette journée commémorative, un constat s’impose : dix-sept ans après sa disparition, Omar Bongo Ondimba reste une boussole politique pour le PDG. Plus qu’un souvenir pieusement entretenu, son héritage est aujourd’hui activement mobilisé par ses successeurs pour accompagner le renouveau du parti et consolider son unité dans un paysage politique profondément reconfiguré.
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