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Sibyllus : Le livre de Me Jean Paul Moumbembé parle d’une fin du monde dans 47 ans

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Le samedi 30 mai 2026, l’avocat inscrit au barreau national du gabon, écrivain et essayiste gabonais Me Jean Paul Moumbembé célébrait simultanément son soixante-dixième anniversaire et la naissance de son septième ouvrage — un livre qui n’est pas un livre comme les autres.

Il y avait dans l’air, ce samedi-là, quelque chose d’inhabituel. Un frémissement. Une gravité que même les conversations feutrées de l’assemblée ne parvenaient pas à dissiper. Quand Me Jean Paul Moumbembé s’avança pour présenter Sibyllus, ses quatre-vingts pages à la couverture rose pâle, ce ne fut pas une simple cérémonie littéraire qui s’ouvrit. Ce fut, selon les propres termes de l’auteur, une annonce eschatologique

Proches et intimes, universitaires, écrivains, figures politiques, amateurs de spiritualité et journalistes s’étaient massés dans la salle. Un silence quasi liturgique s’était emparé de l’assistance. Car l’avocat-écrivain portégentillais ne venait pas présenter un roman, ni un essai philosophique de plus. Il venait, affirmait-il, transmettre une révélation.

Une date, un destin : le 30 mai 2073

L’annonce centrale du livre tient en une phrase d’une précision glaçante : la fin du monde surviendra le 30 mai 2073. Quarante-sept années séparent les être vivants de cette échéance. Me Moumbembé ne choisit pas cette date au hasard — loin s’en faut. Elle coïncide rigoureusement avec la date de son anniversaire, lui qui a vu le jour le 30 mai 1956 à Port-Gentil. Une coïncidence que l’auteur présente moins comme un hasard que comme la signature même de sa mission prophétique.

Une œuvre dictée, non rédigée

La particularité revendiquée de Sibyllus ne réside pas seulement dans son contenu : elle tient à son origine déclarée. Me Moumbembé récuse catégoriquement la paternité intellectuelle de l’ouvrage au sens traditionnel du terme. « J’affirme avoir reçu ledit manuscrit de Sybilus et Telum, les deux Créateurs des six premiers Hommes-N’Guggi sur Terre », déclare-t-il avec une conviction désarmante.

Cette affirmation singulière propulse Sibyllus dans une catégorie à part entière — au-delà du roman, au-delà de l’essai, aux confins de la littérature de transmission. L’auteur ne s’y pose pas en créateur, mais en réceptacle. Non comme un écrivain qui invente, mais comme un scribe qui reçoit et retranscrit fidèlement une parole venue d’ailleurs.

Une cosmogonie inédite : les N’Guggi, premiers hommes de la Terre

Au cœur du livre s’épanouit une vision de la création humaine radicalement dissidente des traditions abrahamiques ou animistes connues. Deux entités tutélaires y président à l’origine du monde : Sybilus et Telum-Dieu.

« Sybilus créa l’Homme-Carapace, l’Homme-Squelette, l’Homme-Physique, l’Homme-Matériel. Et Telum-Dieu leur souffla la Vie. » Ce souffle créateur donna naissance aux six premiers hommes — les N’Guggi —, apparus en Éthiopie, formant trois couples primordiaux : un homme et une femme noirs, un homme et une femme blancs, et un homme et une femme à la peau vert-olive, teinte que le récit désigne comme la couleur originelle de la nature elle-même.

Ces êtres fondateurs auraient grandi dans les profondeurs souterraines, au milieu des cobras, avant d’émerger à la surface terrestre à l’âge de soixante-six ans. Une genèse souterraine, reptilienne et lente, aux antipodes des récits de création conventionnels.

Une métaphysique de l’âme en cinq dimensions

Sibyllus ne s’arrête pas à la cosmogonie. L’ouvrage développe également une doctrine originale et structurée de l’âme humaine, déployée en cinq catégories distinctes, chacune dotée d’une fonction précise.

« L’Âme traditionnelle est logée dans le spermatozoïde du père géniteur, qui la transmet à son enfant dès la fécondation. » À cette âme première s’ajoutent l’âme prima-vivifiante, l’âme métaphysique, l’âme neutre complémentaire et l’âme neutre initiée — cette dernière jouant un rôle déterminant dans le phénomène de résurrection du corps physique.

Cette taxonomie de l’invisible constitue l’ossature métaphysique de l’œuvre. Elle articule cosmogonie et ontologie dans un édifice conceptuel inédit, à mi-chemin entre la théologie spéculative, la philosophie africaine et la révélation mystique.

Un septuagénaire aux portes de l’éternité

À soixante-dix ans, Me Jean Paul Moumbembé ne ralentit pas. Il accélère. Avec Sibyllus, l’avocat au barreau de Libreville signe un septième ouvrage qui dépasse de loin le cadre de la littérature gabonaise pour se hisser sur le terrain de la grande métaphysique universelle. Prophète autoproclamé ou visionnaire audacieux, l’homme assume pleinement la radicalité de sa démarche — et laisse à chaque lecteur le soin de trancher.

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