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[Élections professionnelles critiquées] Le SAEG saisit Brice Clotaire Oligui Nguema

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Une lettre ouverte au vitriol datée du 09 mai dernier. C’est l’arme qu’a choisi de brandir Jules Bibang Obounou, président du Syndicat autonome des enseignants du Gabon (SAEG), pour interpeller directement le chef de l’État gabonais face à ce qu’il qualifie de dérive institutionnelle majeure entachant irrémédiablement les toutes premières élections professionnelles organisées sous l’égide de la Ve République.

Le tableau brossé par le signataire est aussi précis qu’accablant. Le SAEG, dont la candidature avait pourtant été régulièrement validée par la Commission Nationale Électorale en charge du scrutin, s’est vu, de manière aussi abrupte qu’inexplicable, écarté du premier tour de cette compétition historique. Des constats d’huissier — pièces à valeur probante irréfutable — viendraient, selon la lettre, corroborer l’ampleur des vices procéduraux qui ont émaillé le déroulement des opérations électorales.

Pendant ce temps, une candidature que l’auteur qualifie de « fallacieuse », ne reposant sur aucune norme légale préalablement fixée par ladite Commission, aurait, elle, concouru librement. Le paradoxe est saisissant, la contradiction, constitutive d’une injustice criante.

Deux Gabons » ou un seul ?

C’est la question-choc que pose sans détour Bibang Obounou, et elle mérite d’être méditée longuement. « A-t-on finalement deux Gabons ou un seul ? » — un Gabon des principes solennellement proclamés, et un autre, celui des pratiques discrétionnaires et des accommodements opaques ?

Des milliers de travailleurs du secteur de l’Éducation nationale — personnels des administrations centrales, des provinces reculées, des grandes agglomérations et préfectures — auraient ainsi été privés de leur droit fondamental au suffrage, sans que cette forfaiture n’émeuve, semble-t-il, les autorités compétentes. Une indifférence institutionnelle que le président du SAEG juge non seulement incompréhensible, mais profondément attentatoire à l’esprit même de la V ème République.

Loin de se cantonner à la seule protestation, l’auteur de la lettre ancre son argumentaire dans le socle constitutionnel lui-même, rappelant, avec une solennité délibérée, les quatre premiers alinéas du préambule de la Constitution gabonaise. Il y est notamment proclamé la volonté d’« organiser la vie commune d’après les principes de la souveraineté nationale, de la séparation des pouvoirs, de la démocratie pluraliste et participative, fondée sur la tenue d’élections libres et transparentes, de la justice sociale et de l’État de droit ».

C’est précisément au nom de ces principes cardinaux que Bibang Obounou interpelle le Président de la République en sa qualité de premier garant de la Constitution et de l’ensemble des lois et règlements de la République. Comment, interroge-t-il avec acuité, l’« édification d’un État de droit garant des droits et libertés fondamentaux » — consacrée par le 2e alinéa du préambule — peut-elle demeurer une réalité vivante, lorsque de telles entorses demeurent non sanctionnées ?

La solution réclamée : une reprise totale du scrutin

Face à l’ampleur des manquements constatés, le Président du SAEG ne réclame pas un aménagement à la marge du processus. Il exige sa reprise intégrale, afin de replacer l’ensemble des candidats dans des conditions d’égalité, d’équité et de transparence conformes aux exigences constitutionnelles.

rejette par ailleurs catégoriquement toute hypothèse qui permettrait à un candidat illégalement absent du premier tour de rejoindre le processus au stade du second, le qualifiant de « jeu d’enfants » indigne d’un État sérieux — une telle manœuvre priverait en effet ses membres des suffrages déjà exprimés dans les premières circonscriptions électorales.

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