Changement à la mairie : Libreville entre-t-elle enfin dans une ère de sérénité ?

C’est dans une atmosphère solennelle, sous l’égide du gouverneur de la Province de l’Estuaire, Marie Françoise Dikoumba, que le Conseil municipal de Libreville a tenu, le jeudi 23 avril 2026, une session extraordinaire dans la prestigieuse salle Lubin Martial Ntoutoume de l’Hôtel de Ville. Convoquée par arrêté officiel, cette assemblée avait pour dessein de pourvoir aux postes vacants et d’élire un maire ainsi que cinq adjoints, dans un contexte institutionnel ébranlé par de profondes turbulences.

Le maire sortant, Pierre Matthieu Obame Etoughe, relevé de ses fonctions le 20 avril, a dressé un bilan qu’il qualifie de probant : réorganisation administrative, modernisation des ressources humaines, digitalisation des services et optimisation des partenariats financiers. Une gestion rigoureuse, résumée avec fierté : « Nous avons pu travailler sans budget, et nous ne laissons aucune dette au sein de l’Institution. » Le gouverneur Dikoumba a salué cette trajectoire, saluant à son tour « le travail abattu pendant cinq mois à la tête du Conseil municipal », non sans reconnaître implicitement la brièveté et la complexité du mandat écoulé.

Présidée par le Dr Aimé Serge Issembe, la séance a mobilisé la totalité des 151 conseillers municipaux inscrits — une participation de 100 %, témoignage éloquent de l’enjeu. Le verdict des urnes a plébiscité les candidats de l’Union des Bâtisseurs (UDB), coalition adossée au PDG, au RPM et à l’UN, balayant tout doute sur la légitimité du scrutin.Le nouveau visage de l’exécutif municipal : Eugène Mba — maire central (149 voix | 98,7 %; Jean Jacques Kangué — 1er adjoint (148 voix); Juste Roméo Mouyopa — 2e adjoint (145 voix); Issa Malam Salatou — 3e adjoint (145 voix); Natacha Mengue Mbeng — 4e adjoint (142 voix); Thierry Akendengue Nkolo — 5e adjoint (139 voix)

Investi pour un mandat de cinq ans, le maire Eugène Mba hérite d’une feuille de route ambitieuse : amélioration du cadre de vie des Librevillois, consolidation des réformes administratives et apaisement durable du climat social au sein des agents municipaux. Le gouverneur Dikoumba a été sans ambages : « Vous devez vous mettre au travail. »

L’équipe prendra ses fonctions effectives le lundi 27 avril, après une installation officielle prévue le vendredi 24 avril. En attendant, l’intérim est assuré par le sixième adjoint au maire, Andy Félix Makîndey Nze Nguema. Première échéance au programme : la session spéciale consacrée au Budget Primitif 2026, dès le 30 avril.

Il convient de rappeler que la mairie de Libreville traîne, depuis de nombreuses années, une atmosphère délétère qui résiste à toutes les alternances. Avant le coup d’État d’août 2023, pendant la période de transition militaire, et jusqu’aux premières heures de la Ve République, la fièvre au sein de l’hôtel de ville n’est jamais véritablement retombée.

Si ce ne sont pas les partenaires sociaux qui montent au créneau pour dénoncer une gestion opaque et des conditions de travail précaires, ce sont des démissions en cascade qui viennent périodiquement ébranler l’institution. Une instabilité chronique qui a fini par éroder la confiance des agents municipaux comme des Librevillois. La question qui demeure en suspens, et que beaucoup se posent avec un scepticisme compréhensible, est simple : cette fois-ci sera-t-elle enfin la bonne ?

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