
Quelques heures avant de la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle congolaise du 15 mars dernier dont Denis Sassou-Nguesso a ete déclaré vainqueur, les missions d’observation électorale venues des quatre coins du continent ont solennellement rendu leurs rapports au président de la Commission Nationale Électorale, Henri Bouka. Parmi les voix les plus attendues, celle de Nicaise Moulombi, figure tutélaire de la société civile gabonaise et panafricaine, s’est distinguée par sa portée et sa hauteur de vue.
Prenant la parole avec la solennité qui sied à l’occasion, Nicaise Moulombi a d’emblée tenu à rendre un hommage appuyé au formidable dispositif d’observation déployé par la société civile congolaise. C’est en effet pas moins de mille observateurs électoraux, mobilisés au sein d’une structure fédératrice devenue une véritable référence au-delà des frontières du Congo la CORAGED (Coordination Nationale des Réseaux et Associations de la Société Civile pour la Gouvernance Démocratique et Électorale) qui ont assuré une veille rigoureuse et méthodique tout au long du processus électoral des 12 et 15 mars 2026.
« Mes premiers mots seront pour saluer, à travers cet échantillon ici présent, les 1 000 observateurs électoraux des organisations de la société civile congolaise, regroupés au sein d’une superstructure devenue une référence au-delà des frontières du Congo — la CORAGED — pour le travail de leadership et de sérieux que vous venez de réaliser dans le cadre du suivi et de l’observation de cette élection majeure », a-t-il déclaré avec conviction.
Un partenariat panafricain en gestation
Au-delà de l’hommage rendu, Nicaise Moulombi a saisi cette tribune de premier plan pour exprimer la volonté ferme et déterminée de tisser des liens durables entre la CORAGED congolaise et le Haut Conseil des Acteurs Non Étatiques du Gabon. Une ambition de coopération transfrontalière qui témoigne d’une vision panafricaine cohérente et ambitieuse de la gouvernance démocratique, à l’heure où le continent peine parfois à faire entendre la voix de ses sociétés civiles dans les processus de décision.
L’éminent observateur gabonais a également tenu à adresser ses félicitations les plus sincères aux autorités de la République du Congo pour la constance et la rigueur avec lesquelles les échéances électorales sont honorées depuis 2002 qu’il s’agisse du renouvellement du mandat présidentiel, des mandats parlementaires ou des scrutins locaux. Une régularité institutionnelle qui, dans un environnement régional parfois chahuté, mérite d’être soulignée et célébrée à sa juste valeur.
Un scrutin globalement réussi, des recommandations formulées
Sans céder à une complaisance aveugle ni verser dans une sévérité excessive, Nicaise Moulombi a dressé un bilan nuancé et équilibré du scrutin. Reconnaissant avec lucidité que la perfection n’est pas de ce monde et que toute organisation d’une telle envergure est susceptible de générer quelques imperfections, il a néanmoins qualifié cette élection présidentielle de globalement réussie, relevant notamment la célérité avec laquelle les résultats provisoires ont été rendus publics un progrès tangible par rapport aux éditions précédentes, souvent entachées de lenteurs préjudiciables à la crédibilité du processus.
Soucieux de contribuer à l’amélioration continue des pratiques électorales congolaises, l’observateur chevronné a formulé une série de recommandations concrètes dans son rapport, exprimant le vœu ardent que celles-ci soient dûment prises en considération par les autorités compétentes afin de réduire les manquements ponctuellement observés et d’élever encore le niveau d’exigence démocratique de la République du Congo.