
La colère syndicale ne désarme plus. Sourde et tenace depuis la proclamation des résultats provisoires, elle a franchi un nouveau palier ce samedi 9 mai 2026. Plusieurs confédérations syndicales, jusqu’alors dispersées dans leurs protestations respectives, ont choisi l’unité comme bouclier en se réunissant au siège du Congrès des agents publics, parapublics et privés de l’État (CAPPE), pour sonner la mobilisation générale et annoncer une offensive tous azimuts.
Dynamique Unitaire (DU), le Congrès des agents publics, parapublics et privés de l’État (CAPPE), la Confédération gabonaise des syndicats libres – Lutte ouvrière (CGSL-LO), la Confédération syndicale des agents publics, parapublics et privés (COSYNAP) et la Confédération Union des travailleurs du Gabon (UTG), entre autres, avaient pourtant, bien avant le scrutin, tiré la sonnette d’alarme sur les dérives d’une phase préparatoire truffée d’irrégularités flagrantes. Des interpellations restées lettre morte. Pour ces organisations, le gouvernement aurait délibérément fait fi des normes édictées par le Bureau international du Travail (BIT) en matière d’organisation des élections professionnelles.
Un verdict sans appel
La charge du porte-parole des confédérations, Rubain Paul Zoukoué Ella, fut sans concession : « Nous voici aujourd’hui devant le véritable tribunal de l’histoire. Ces élections ont été entachées d’innombrables insuffisances et d’irrégularités sans précédent, à en juger par le nombre de recours déposés. Une honte pour notre pays, que nous ne saurions taire».

avant de souligner le fait qu’au regard de ce qui précède, «nous nous tournons vers le chef de l’État, premier partenaire des organisations syndicales de salariés, afin que, par son autorité, les résultats tronqués issus de ces élections mal organisées soient purement et simplement annulés et que le scrutin soit réorganisé en impliquant l’ensemble des partenaires sociaux — depuis l’enrôlement individuel de chaque travailleur sur l’étendue du territoire national jusqu’à la proclamation transparente des résultats».
Une offensive institutionnelle d’envergure
Les centrales syndicales ne comptent pas en rester à cette salve d’indignation. Elles ont décidé de porter leur combat devant les institutions de la République — le Conseil économique, social, environnemental et culturel, l’Assemblée nationale, le Sénat, la vice-présidence ainsi que la présidence de la République — pour exposer la dangerosité de maintenir des résultats jugés « piètres » et susceptibles de déboucher sur une crise sociale généralisée. « Nous demandons la mise en place d’une véritable commission, qui travaillerait durant un délai raisonnable pour préparer sereinement ces élections avec la participation de toutes les parties prenantes », a-t-il fermement proposé.
Le spectre d’une internationalisation du conflit
Si aucune mesure apaisante n’est prise dans les meilleurs délais, les partenaires sociaux se réservent le droit de porter l’affaire devant les instances internationales, notamment le Bureau international du Travail et les fédérations mondiales auxquelles leurs organisations sont affiliées, afin de dénoncer la « mascarade électorale » perpétrée au Gabon. Un signal d’alarme que les autorités auraient tort de sous-estimer.
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