
C’est en convoquant la presse à Libreville ce jeudi 07 mai 2026 que le Syndicat autonome des enseignants du Gabon (SAEG) a choisi de rompre le silence. Par la voix de son président Jules Bibang Obounou, cette organisation syndicale a déroulé, avec une précision chirurgicale, une longue litanie de manquements graves ayant émaillé les élections professionnelles organisées au sein du ministère de l’Éducation nationale, depuis leur préparation jusqu’à la proclamation des résultats provisoires. Un tableau à charge, méthodique et implacable.
Le grief le plus sidérant demeure, selon Jules Bibang Obounou, l’absence totale des bulletins de vote au nom de sa liste sur l’ensemble du territoire national — et ce, en dépit d’une validation officielle actée par le procès-verbal de centralisation du 23 avril 2026. Dans tous les bureaux de vote consultés, les électeurs acquis à sa cause n’ont trouvé que des bulletins arborant le sigle du SAEG, mais affichant une tête de liste totalement étrangère à l’organisation légalement reconnue.
C’est une violation flagrante des droits de nos militants et une insulte à la démocratie sociale », a tonné le président du syndicat, dénonçant une substitution frauduleuse qui prive de facto ses sympathisants de tout exercice réel du suffrage.
Deuxième scandale : la validation d’une liste fantôme aux contours juridiquement intenables
Le second grief, tout aussi cinglant, porte sur la validation d’une liste que le SAEG qualifie de fantoche, portant la candidature d’un certain Christian Ndong Allou. Pour Jules Bibang Obounou, cette candidature constitue une aberration juridique à trois titres : défaut d’éligibilité, incompatibilité de fonctions — l’intéressé occupant le poste de directeur de l’Éducation à la citoyenneté — et fraude documentaire avérée. Le leader syndical rappelle avec fermeté que les articles 64 et 68 du statut général de la Fonction publique interdisent expressément à tout agent exerçant des fonctions de commandement et d’autorité hiérarchique de briguer un mandat syndical.

Troisième scandale : le chaos organisé le jour du scrutin
Au-delà des irrégularités structurelles, c’est le désordre matériel délibérément orchestré le jour du vote qui achève de discréditer l’ensemble du processus. De nombreux sympathisants du SAEG, mais aussi d’autres électeurs, ont été spoliés de leur droit de vote — tantôt par l’absence de leurs bulletins, tantôt par la disparition pure et simple des bulletins d’autres candidats.
Plus consternant encore, plusieurs agents n’avaient eu vent de la tenue des élections professionnelles qu’au détour d’un bulletin radiophonique ou télévisé, sans jamais avoir été mis en mesure d’exercer concrètement ce droit fondamental. Le président du SAEG n’hésite pas à désigner ces faits comme une « corruption de la sincérité du scrutin ».
Les revendications : annulation, refonte et exclusion
Fort de ce réquisitoire accablant, Jules Bibang Obounou formule trois exigences non négociables. En premier lieu, l’annulation totale du scrutin du 28 avril 2026, pour violation caractérisée des articles 7, 12 et 17 de l’arrêté régissant le déroulement des élections professionnelles.
En second lieu, l’organisation sans délai d’un nouveau scrutin intégrant la liste légale et légitime du SAEG. En dernier lieu, l’exclusion définitive de Christian Ndong Allou du processus électoral, au motif d’une irrégularité absolue et d’un défaut de qualité syndicale irréfutable au regard de la législation gabonaise, notamment l’article 12 de l’arrêté 600.
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