[Gabon] Fin de l’instrumentalisation électorale : Joël Ngoueneni se félicite d’un changement de cap politique

Une prise de position largement relayée sur les réseaux sociaux, ce 17 octobre 2026, fait suite aux conclusions du dernier Conseil des ministres. Le président fondateur du parti pour Les 7 Merveilles du Peuple gabonais (7MP), Joël Ngoueneni, s’est dit satisfait de l’accent mis sur la moralisation de la vie publique et politique, ainsi que sur la fin de l’instrumentalisation des populations en période électorale.

Pour le 7MP, la réussite de ce chantier suppose d’abord « une véritable autopsie de la démocratie gabonaise ». Le parti pointe un fichier électoral encombré de noms de personnes décédées et d’inscriptions multiples, terreau des fraudes par procurations mensongères. Il préconise des sessions de mise à jour régulières, bien en amont des échéances, appuyées sur les registres de décès de l’état civil.

Sur la question des pressions exercées lors des scrutins, le parti dénonce sans détour le clientélisme, l’achat des voix et la transhumance électorale, ce phénomène des « bœufs votants » qui voit des populations acheminées par centaines vers des localités lointaines. Le pouvoir, selon Joël Ngoueneni, revient alors à celui qui dispose des moyens les plus importants, et non à celui qui incarne les aspirations de la localité.

Le volet le plus débattu, le vote obligatoire, est accueilli avec réserve. Citant les données de l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale, le 7MP rappelle que cette obligation, en vigueur dans une vingtaine de pays, n’a pas garanti une participation plus élevée. Au Brésil comme en Argentine, le taux de participation est resté sous la barre des 80 % lors des derniers scrutins. Le parti estime qu’une contrainte légale risquerait surtout de rouvrir la porte aux bourrages d’urnes et aux votes artificiels. Il voit dans l’abstention un symptôme de la défiance des citoyens et appelle à restaurer leur confiance avant toute mesure coercitive.

« La compétition électorale n’a plus véritablement de goût ni de suspense, dès lors que les dés sont pipés d’avance », déplore encore le président fondateur, qui juge toutefois que la confiance peut être regagnée par « une obligation d’exemplarité de tous, de tous les jours ». Il invite enfin le chef de l’État à s’inspirer de la Commission Jospin, instituée en France en 2012 pour renforcer l’éthique et prévenir les conflits d’intérêts.

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