[Gabon] Retraite des parlementaires : Justine Judith Lekogo plaide pour un débat élargi à toutes les institutions

Le sujet enflamme l’opinion depuis plusieurs jours : faut-il revoir le système de pension des députés gabonais ? Alors que la polémique enfle sur la toile, Justine Judith Lekogo a choisi de monter au créneau. Dans une déclaration à la fois nuancée et incisive en date du 22 septembre, la parlementaire du deuxième arrondissement de Franceville (Haut-Ogooué) refuse la caricature d’un débat trop souvent réduit à une formule choc.

Fidèle à ses habitudes de franc-parler, l’honorable députée n’a pas tardé à réagir, appelant à élargir le cercle des personnes concernées par cette réforme annoncée. « Je pense que le débat sur les retraites parlementaires est légitime. Mais il faut éviter de présenter aux Gabonais une réalité simplifiée : « tu as été député pendant cinq ans, donc on te donne une retraite à vie« . » Pour étayer son propos, la parlementaire rappelle qu’un député n’arrive jamais vierge de tout parcours professionnel à l’Assemblée nationale.

Élargir le viseur à tout l’appareil d’État

Loin de vouloir circonscrire la réforme aux seuls élus de la chambre basse, Justine Judith Lekogo réclame une transparence totale, étendue aux anciens membres du gouvernement :« Si nous voulons réformer sérieusement, ne nous arrêtons pas aux députés. Regardons aussi le régime des anciens membres du Gouvernement et les avantages liés aux anciennes fonctions publiques. »Elle appelle à mettre « tous les chiffres sur la table » — cotisations, droits acquis, coût pour l’État, conditions de liquidation — afin d’éclairer la décision présidentielle sur des bases factuelles plutôt qu’émotionnelles.

La cotisation n’est pas cadeau

Justine Judith Lekogo insiste sur une distinction qu’elle juge cruciale, entre les sommes versées durant le mandat et la pension effectivement perçue plus tard :« Une cotisation sociale n’est pas un impôt ni une taxe : elle est destinée à ouvrir des droits sociaux, notamment des droits à pension, selon les règles du régime». Elle précise que la loi encadre déjà ce mécanisme, avec un prélèvement fixé à 10 % sur la rémunération des élus pour constituer leurs droits futurs. Et de marteler qu’un départ du Palais Léon Mba ne déclenche pas automatiquement le versement d’une pension.

« Réformer, oui. Mais sur la base des chiffres, des textes et de la vérité »

la députée résume sa position en une formule qui pourrait bien devenir le mot d’ordre de ce débat naissant :« C’est ainsi que nous éviterons les raccourcis et que nous aiderons le Chef de l’État à prendre des décisions sur la base des faits. Réformer, oui. Mais réformer sur la base des chiffres, des textes et de la vérité. » Une sortie qui, à n’en pas douter, va relancer les échanges autour d’un chantier de réforme aussi sensible que scruté par l’opinion publique gabonaise.

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