Enseignement supérieur : au Gabon, l’ACAF et les syndicats universitaires s’engagent en faveur d’une gouvernance fondée sur la liberté académique

Une rencontre stratégique s’est tenue, ce vendredi 9 octobre 2026, au sein de l’Université Omar Bongo (UOB). L’Africa Coalition for Academic Freedom (ACAF) et le Syndicat national des enseignants-chercheurs, section UOB (Snec-UOB), y ont croisé le fer autour d’un thème ambitieux : « Renforcer la gouvernance universitaire, l’autonomie institutionnelle et la liberté académique au Gabon ».

Pour le professeur Kwadwo Appiagyei-Atua, directeur régional de l’ACAF pour l’Afrique et spécialiste de droit international et des droits humains à l’Université du Ghana, la démocratie interne demeure la pierre angulaire de toute réforme. « Lorsque la démocratie est bien établie au sein de l’université, cela renforce la gouvernance universitaire et garantit l’autonomie des institutions », a-t-il affirmé.

Du côté syndical, le professeur Mathurin Ovono Ebe, leader du Snec-UOB, a affiché un enthousiasme mesuré mais déterminé. Il mise sur l’expertise de l’ACAF et de ses partenaires ghanéens pour faire évoluer l’Université Omar Bongo, ainsi que l’ensemble des universités et grandes écoles, vers un modèle économique à la fois plus attractif et plus durable au bénéfice des étudiants gabonais.

Sa priorité reste toutefois une traduction juridique concrète des principes : « Il faudrait qu’il y ait une loi précise sur les libertés académiques », a-t-il plaidé, en rappelant que la Constitution et plusieurs textes consacrés n’évoquent ces libertés que de manière éparse. Il a également proposé la création d’un Observatoire gabonais des libertés académiques, projet auquel l’ACAF s’est dite prête à apporter son concours.

Créée à Accra, au Ghana, lors de son lancement public en mars 2025, l’ACAF se présente comme un réseau continental dédié à la veille et à la défense de la liberté académique en Afrique. Sa feuille de route est multiple : recenser les atteintes à cette liberté — pressions, intimidations, restrictions visant enseignants-chercheurs et étudiants ; interpeller les autorités publiques en faveur de politiques de protection ; produire des rapports sur l’état des universités africaines ; et, enfin, soutenir les chercheurs menacés.

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