
Libreville — À l’heure où le Gabon s’apprête à redessiner sa Politique Nationale de l’Emploi, le patronat entend y apposer sa marque. Dans une note stratégique datée du 9 octobre 2026, le Conseil Gabonais du Patronat, sous la plume de son président, Francis Jean Jacques Evouna, accueille avec faveur le lancement de cette entreprise d’envergure, adressée à la Ministre du Travail, du Plein Emploi, du Dialogue Social et de la Formation Professionnelle, Jacqueline Ilogue épouse Bignoumba.
Le chantier, placé sous la supervision du Ministère et l’accompagnement du Bureau international du Travail, vise à doter le pays d’une politique structurée, dotée d’un Plan d’Actions Opérationnel. Une consultance internationale est en cours de recrutement, avec une échéance fixée au 15 octobre 2026. Le CGP salue une démarche qui fait de l’emploi une véritable politique publique, et non un simple objectif incantatoire.
Au cœur du propos patronal figure une conviction : la formation doit servir l’embauche. Le CGP résume cette exigence d’une formule désormais centrale, « former pour employer et non former pour diplômer ». L’inadéquation entre les compétences disponibles et les besoins réels des entreprises demeure, selon l’organisation, l’un des principaux freins à l’embauche. Pour y remédier, le patronat propose de mobiliser ses huit organisations membres afin de conduire une enquête sur les besoins en compétences par filière, et de l’arrimer au Référentiel National de Formation Professionnelle.
Mais le CGP ne se contente pas de constater. Il plaide pour une gouvernance pleinement tripartite, avec la consultation systématique des organisations patronales et syndicales à chaque jalon, conformément à la Convention n° 122 du BIT. Il réclame également un comité de pilotage associant les partenaires sociaux, un chiffrage précis du plan d’actions et un calage sur le cadre budgétaire pluriannuel, faute de quoi, prévient-il, le dispositif risquerait de rester lettre morte. Le secteur informel et les TPE-PME-PMI, véritables viviers d’insertion, doivent également occuper une place de premier plan dans le diagnostic.
Le message est clair : la réussite d’une politique de l’emploi se mesure moins à la qualité de son document qu’à l’adhésion de ceux qui le mettront en œuvre, les entreprises qui recrutent comme les travailleurs qui s’insèrent. Le CGP se tient prêt à participer à chaque étape du chantier et sollicite une audience auprès de la Ministre. Une main tendue, assortie d’une exigence de cohérence qui promet de nourrir le débat dans les semaines à venir.