Santé publique : la tutelle serre la vis sur la gestion des ressources hospitalières

Le message est sans ambiguïté. Dans une note officielle datée du 21 septembre 2026 et adressée à l’ensemble des Directeurs régionaux de la Santé, le Directeur de Cabinet, Eric Lembe Moussinga, somme les structures sanitaires du pays de rendre des comptes sur la gestion de leurs ressources financières. Une instruction qui traduit, noir sur blanc, la volonté présidentielle de mettre fin à l’opacité qui entoure depuis trop longtemps les finances de certains établissements de santé.

Tout est parti du discours prononcé le 30 août 2026 à Makokou par le Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema. Le Chef de l’État y avait insisté, sans détour, sur l’impératif d’une gestion limpide et d’une traçabilité sans faille des ressources générées par les structures sanitaires du pays. Un avertissement présidentiel que le Cabinet du ministère de la Santé vient aujourd’hui traduire en instruction ferme et chiffrée à l’attention de tous les responsables régionaux.

Des comptes précis exigés sous dix jours

Concrètement, chaque Directeur régional devra transmettre, pour l’exercice 2026 en cours, un rapport récapitulatif détaillant la situation financière de l’ensemble des établissements placés sous son autorité. Sont notamment visés : les recettes propres issues des numéraires et tickets modérateurs, la dotation allouée par l’État, les montants consacrés aux quotes-parts, ceux réservés aux primes du personnel, ainsi que les sommes perçues au titre de la dette de la CNAMGS. Un inventaire exhaustif qui ne laisse place à aucune zone d’ombre.

Le délai fixé est volontairement court : dix jours à compter de la réception de la note. Une échéance resserrée qui traduit l’urgence ressentie au sommet de l’État et la fermeté de la ministre de la Santé, dont le Cabinet exige un « strict respect du délai imparti ».

La transparence, nouvelle boussole de la gouvernance sanitaire

Cette note s’inscrit dans une dynamique plus large de moralisation de la gestion publique, où chaque franc généré par les structures hospitalières devra désormais être traçable et justifiable. En resserrant ainsi le contrôle sur les quotes-parts et les primes, le gouvernement entend couper court aux dérives de gestion qui ont pu, par le passé, priver le système de santé gabonais de ressources pourtant destinées à son amélioration.

Reste à savoir si cette mise en demeure administrative se traduira, sur le terrain, par un véritable changement de pratiques au sein des établissements sanitaires du pays.

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