Gabon : Aubameyang claque une seconde fois la porte des Panthères et dénonce une mise à l’écart injuste

Capitaine emblématique des Panthères depuis plus d’une décennie et seul joueur Gabonais à avoir remporté le ballon d’or africain pour le moment, Pierre-Emerick Aubameyang a annoncé, lundi 1er septembre, son retrait de la sélection nationale. Une décision mûrie dans l’amertume, après des mois de tensions consécutifs au fiasco gabonais à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025.

C’est un rendez-vous que peu de observateurs attendaient sous cette forme. Invité de l’émission « Talent d’Afrique », diffusée sur Canal+, l’ancien attaquant de l’Olympique de Marseille a mis, une seconde fois un terme au suspense qui planait depuis plusieurs semaines sur son avenir international. Est-ce la bonne ? Seul lui sait. D’une voix posée mais habitée par une réelle amertume, le meilleur buteur de l’histoire des Panthères a évoqué un sentiment d’injustice, estimant avoir été transformé en coupable idéal d’un échec collectif : « Ils m’ont humilié et sali alors que j’avais joué la CAN étant blessé », a-t-il confié, résumant ainsi des mois de crispation avec les autorités sportives et politiques de son pays.

Pour comprendre l’ampleur de la rupture, il faut revenir à la Coupe d’Afrique des Nations 2025, organisée au Maroc. Une compétition qui devait marquer un nouveau souffle pour le football gabonais s’est transformée en naufrage collectif : éliminé sans la moindre victoire, le Gabon a quitté le Maroc par la petite porte, plongeant aussitôt dans une crise sportive et politique d’une ampleur rare, avec le capitaine des Panthères au cœur de la tempête. Trois matchs, trois défaites, zéro point : le Gabon a terminé sa campagne continentale au fond d’un groupe pourtant relevé.

La sanction du gouvernement

Au lendemain de l’élimination, le couperet est tombé côté institutionnel. Dans un communiqué rendu public le 1er janvier 2026, le ministre des Sports par intérim du Gabon a annoncé la suspension de l’équipe nationale jusqu’à nouvel ordre ainsi que la dissolution du staff technique, précisant que la mise à l’écart d’Aubameyang et de son coéquipier Ecuele Manga était vivement souhaitée par les autorités. Une décision qui, sur les réseaux sociaux, a immédiatement divisé l’opinion publique gabonaise, certains estimant la sanction nécessaire au regard des résultats, d’autres dénonçant une mesure jugée excessive à l’encontre de joueurs ayant, selon eux, tout donné pour la nation.

Aubameyang n’était pas resté silencieux face aux critiques. Interpellé sur les réseaux sociaux et accusé par certains internautes d’être « le problème » de l’équipe, il avait répliqué sans détour que les difficultés de la sélection gabonaise étaient bien plus profondes que sa propre personne, une sortie révélatrice du climat délétère qui régnait alors au sein du vestiaire national.

chapitre déjà marqué par les rebondissements. Retraité une première fois en 2022, l’attaquant était revenu en sélection en 2023, à la demande personnelle des plus hautes autorités du pays, pour mener les Panthères vers leurs premières qualifications historiques en Coupe du Monde. Ce retour avait connu des sommets, à l’image de son quadruplé retentissant face à la Gambie en octobre 2025, mais s’est achevé cette fois sur une note amère, entre incompréhension et sentiment de trahison.

Meilleur réalisateur de l’histoire des Panthères, capitaine et visage du football gabonais pendant plus de treize ans, Pierre-Emerick Aubameyang tire donc définitivement sa révérence internationale, laissant derrière lui un vide sportif immense et une polémique loin d’être refermée sur la gestion de la crise post-CAN 2025 par les instances de son pays.

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