
Franceville, 22 août 2026 — De l’Université des Sciences et Techniques de Masuku (USTM) au marché Albert Yangari, en passant par l’ancienne Trésorerie/Poste, l’ex-immeuble de la Banque Gabonaise de Développement (BGD), le Lycée d’Excellence, le marché du deuxième arrondissement et le Leconi Palace, le Président de la République a sillonné, ce samedi, les principaux chantiers de la commune de Franceville. Ultime étape de ce périple : le monastère de Franceville 3/Oligiville, dont la qualité des réalisations a particulièrement retenu l’attention du chef de l’État.
Brice Clotaire Oligui Nguema s’est rendu, ce samedi, sur plusieurs sites de la commune de Franceville, entouré d’une délégation fournie composée d’élus, de hauts cadres, de responsables techniques, d’entrepreneurs et d’ingénieurs. Objectif affiché : mesurer, de visu, l’état d’avancement de plusieurs projets structurants et débusquer les insuffisances qui freinent leur livraison.
À ses côtés figuraient les quatre députés de la commune : l’honorable Justine Judith Lekogo, l’honorable Alouba Abouna Mavie Larosa, l’honorable Abdul-Rabman Youma et l’honorable Anoue Tourou Kiki Léandre. Plusieurs hauts cadres et personnalités, dont Yann Koubdje et Jean Pierre Oyiba, complétaient ce cortège présidentiel, aux côtés de responsables de chantiers, d’entrepreneurs, de techniciens et d’ingénieurs.
Loin d’être purement protocolaire, cette présence élargie a permis au Président d’interpeller directement, à plusieurs reprises, les quatre parlementaires, afin de les replacer au cœur du suivi des décisions et de leur rappeler leur devoir de proximité envers les populations. La tournée aura ainsi confronté les engagements administratifs à la réalité du terrain, avec une exigence présidentielle constante : accélérer, corriger, livrer.
USTM : miser sur le capital humain et la formation pratique

Première halte de cette visite : l’Université des Sciences et Techniques de Masuku. Le chef de l’État y a consacré l’essentiel des échanges à la question cruciale de la formation du capital humain, martelant que l’investissement universitaire ne saurait se limiter à l’érection de bâtiments. Il doit avant tout rehausser la qualité de l’enseignement et outiller les étudiants pour leur insertion professionnelle.
Dans cette optique, l’accent a été porté sur les laboratoires, les travaux pratiques, les salles de cours, les amphithéâtres et les équipements scientifiques. Le Président a insisté sur la nécessité de faire de l’USTM une véritable université à vocation scientifique, où l’expérience pratique jalonnerait tout le cursus, réduisant ainsi la dépendance des familles gabonaises aux études à l’étranger, dont les coûts ne cessent de grimper.
Des laboratoires pour ancrer la théorie dans la pratique. Convaincu qu’une formation scientifique ne peut demeurer purement livresque, le chef de l’État a exigé la transformation de certains espaces existants en salles de travaux pratiques et en laboratoires. Une enveloppe d’environ 312 millions de FCFA a été évoquée pour les équipements de laboratoire, à laquelle pourrait s’ajouter une contribution allant jusqu’à 200 millions de FCFA destinée au financement d’un laboratoire. Le Président a néanmoins réclamé une clarification exhaustive des offres : entreprises soumissionnaires, cahiers des charges, factures, équipements proposés et validation technique.
Des salles de cours supplémentaires pour une rentrée apaisée. L’élargissement de la capacité d’accueil constitue également une priorité affichée. Le Président a demandé l’identification rapide des bâtiments transformables, le Recteur devant préciser les besoins fonctionnels en salles de cours, salles de professeurs et espaces pédagogiques. Une enveloppe résiduelle d’environ 554 millions de FCFA a été évoquée à cet effet, sous réserve de la consolidation définitive des besoins — l’ambition étant de désamorcer les grèves qui accompagnent traditionnellement la rentrée universitaire.
Un amphithéâtre de 270 places et de nouveaux équipements. La construction d’un amphithéâtre d’environ 270 places a été actée, pour un montant avoisinant 130 millions de FCFA, avec une livraison envisagée fin novembre au plus tard, sous réserve de confirmation du calendrier technique. Une enveloppe supplémentaire d’environ 170 millions de FCFA a par ailleurs été évoquée pour les équipements informatiques, audiovisuels et la sonorisation des amphithéâtres.
Logement étudiant : conjuguer investissement public et initiative privée. Rappelant qu’aucune grande université ne peut loger l’intégralité de ses effectifs, le Président a plaidé pour une approche hybride, mêlant financement public et intervention du secteur privé. L’USTM dispose actuellement d’une capacité d’environ 1 200 lits, jugée insuffisante au regard des besoins. L’idée de développer des campus privés en périphérie de l’université, dans le cadre de partenariats avec l’État, a ainsi été avancée, avec une étude devant déterminer la faisabilité d’environ 500 chambres supplémentaires sur un bâtiment identifié, après réalisation d’un levé topographique.
La flambée des loyers étudiants dans le viseur. Le chef de l’État a vivement dénoncé la hausse spectaculaire des loyers pratiqués aux abords de l’USTM : des chambres autrefois louées entre 25 000 et 30 000 FCFA se négocient désormais entre 50 000 et 75 000 FCFA. Il a exhorté les élus et autorités locales à sensibiliser les propriétaires afin de rendre ces loyers plus accessibles, tout en soulevant la question de la fiscalité applicable aux revenus locatifs. Les quatre députés ont été appelés à s’impliquer dans cette démarche de proximité, en concertation avec les maires et autorités locales.
Marché du deuxième arrondissement : hâter la cadence
Sur le chantier du marché du deuxième arrondissement, dont les travaux n’en sont encore qu’à leurs balbutiements, le Président a appelé à une nette accélération, exprimant le vœu de voir cet ouvrage achevé dans des délais resserrés, afin d’envisager, si possible, une inauguration conjointe avec celle du marché Albert Yangari.
À l’hôtel Leconi Palace, le chef de l’État a apprécié l’avancement des travaux de réhabilitation, visitant plusieurs niveaux du bâtiment. Une préoccupation majeure a toutefois émergé : l’empiètement progressif de riverains sur le foncier environnant, certains ayant entamé des constructions sur le domaine de l’établissement. Le Président a chargé les élus et responsables locaux de clarifier cette situation auprès des intéressés, afin de préserver l’assise foncière de l’hôtel et d’éviter que les constructions ne se rapprochent davantage.
À l’intérieur du bâtiment, une instruction précise a également été donnée concernant l’aménagement de la boîte de nuit, dont l’installation devra se faire au niveau du sol, conformément à l’orientation retenue pour le projet.
Monastère de Franceville 3/Oligiville : une réalisation érigée en modèle
Dernière étape de cette tournée, le chantier du monastère de Franceville 3/Oligiville, porté notamment par l’Évêque de Franceville avec le concours d’une entreprise dédiée, a suscité une appréciation particulièrement élogieuse du chef de l’État. La qualité des travaux et le soin apporté aux finitions ont conduit le Président à ériger ce chantier en véritable exemple de réalisation conforme aux standards attendus.
Séduit par cette prestation, le Président a exprimé le souhait de voir l’entreprise concernée sollicitée pour d’autres projets, notamment dans le Haut-Ogooué, mais également dans d’autres provinces, à commencer par Port-Gentil.
Une tournée sous le signe du contrôle et de la responsabilité
Au terme de ce périple, plusieurs enseignements se dégagent. Le Président de la République a entendu exercer un contrôle direct sur l’état des infrastructures, confrontant sans détour les prévisions administratives à la réalité tangible des chantiers. À de multiples reprises, responsables de projets, entrepreneurs et techniciens ont été interpellés sur les délais, les devis, les entreprises mandatées, la qualité des travaux, les équipements et les difficultés rencontrées.
Les quatre députés de la commune n’ont pas été épargnés par cette exigence de résultat. Le chef de l’État les a invités à ne pas circonscrire leur mandat à la seule représentation parlementaire, mais à devenir de véritables artisans du suivi de proximité, capables de dialoguer avec les populations, les maires, les opérateurs économiques et les autorités administratives.
Accélérer, corriger, livrer
De l’USTM au marché Albert Yangari, de l’ancienne Trésorerie/Poste à l’ancien immeuble de la BGD, du Lycée d’Excellence au marché du deuxième arrondissement, du Leconi Palace au monastère, cette tournée présidentielle aura permis de passer en revue les principaux chantiers de Franceville. Les priorités s’en trouvent désormais clairement fixées : former mieux, construire plus vite, contrôler davantage et, surtout, livrer des ouvrages à la hauteur des attentes.
À l’USTM, l’enjeu réside dans le capital humain et la formation scientifique. Dans les marchés, il s’agit d’améliorer les conditions de travail et de garantir des infrastructures pleinement fonctionnelles. Au Lycée d’Excellence, le report à septembre 2027 doit permettre d’achever un établissement à la hauteur de son ambition, avec trois à quatre salles transformées en laboratoires. Sur les bâtiments publics, la priorité est à la valorisation du patrimoine existant. Au Leconi Palace, la protection du foncier accompagne la poursuite de la réhabilitation. Et au monastère, ultime étape de la visite, la qualité des réalisations a démontré qu’il est possible d’ériger des chantiers à la hauteur des exigences fixées.
Une tournée de terrain, assurément, mais surtout une tournée de contrôle, de décisions et de responsabilisation. À Franceville, le Président de la République a une nouvelle fois rappelé, avec fermeté, que les projets publics ne sauraient se limiter à l’annonce : ils doivent être réalisés, contrôlés et livrés avec le niveau de qualité attendu par les populations.
Leave a comment