
Une nouvelle alerte environnementale secoue l’Ogooué-Maritime. Dans une publication largement relayée sur les réseaux sociaux le 19 août dernier, le sénateur Georges Mpaga, ressortissant du département d’Etimboué et figure historique de la société civile gabonaise, a de nouveau tiré la sonnette d’alarme. En cause : une probable pollution à Olendé Dôme, dont la multinationale franco-britannique Perenco serait, une fois encore, tenue pour responsable.
Selon les informations recueillies sur le terrain par le sénateur, une importante pollution serait en cours à Olendé Dôme depuis plusieurs jours. « Actuellement, Perenco, comme à son habitude, procède à la dissimulation des dégâts environnementaux à travers le déversement de plusieurs centaines de tonnes de sable », dénonce-t-il dans sa publication.
L’élu s’interroge par ailleurs sur le niveau d’information des autorités compétentes. « À ce jour, je ne sais pas si les ministères concernés, notamment l’Environnement et le Pétrole, sont au courant de cette situation », s’inquiète-t-il, pointant du doigt un possible défaut de vigilance institutionnelle.
Un passif environnemental déjà lourd pour Perenco
Le sénateur rappelle que l’opérateur pétrolier traîne un passif conséquent en matière de crimes environnementaux, avec de multiples procédures judiciaires pendantes, tant au Gabon qu’à l’international. Pour Georges Mpaga, cette nouvelle pollution replace donc Perenco face à ses responsabilités, au titre du principe pollueur-payeur.
La pollution pétrolière et la non-redistribution des richesses par Perenco sont favorisées par la cupidité de la Chefferie Nkomi, selon Georges Mpaga
Ce passif n’est pas une nouveauté. Depuis 2012, le département d’Etimboué concentre en effet les principales alertes liées aux activités pétrolières de la multinationale. La zone avait notamment été frappée par une pollution majeure dans la nuit du 18 au 19 janvier 2021, précisément à la sortie de la lagune Nkomi et à l’embouchure d’Olendé — soit le même secteur aujourd’hui suspecté.
D’autres sites, comme Ntchonga, Batanga ou Moba, avaient également été identifiés comme zones sinistrées par les organisations de la société civile, dont le Réseau des organisations libres pour la bonne gouvernance (ROLBG), que dirigeait alors Georges Mpaga. Cette accumulation d’incidents avait débouché, en juillet 2021, sur l’inculpation et la mise en examen de Perenco Gabon SA par le tribunal de Port-Gentil, pour violation de la loi relative à la protection de l’environnement. En avril 2022, la Cour d’appel de Port-Gentil avait confirmé la recevabilité de l’action du ROLBG contre la compagnie.
Une mission de terrain annoncée dès ce week-end
Fidèle à sa méthode de vérification directe, le sénateur d’Etimboué annonce qu’il se rendra sur place dès ce week-end. « Le sénateur du département d’Etimboué que je suis compte, ce week-end, effectuer une mission d’évaluation et d’analyse de la situation avec les différentes communautés », précise-t-il dans sa publication.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité de son engagement de longue date auprès des populations riveraines, essentiellement tournées vers la pêche et l’agriculture, et qui dénoncent depuis des années les conséquences économiques et sanitaires des fuites d’hydrocarbures récurrentes dans la région.
Outre la réaction du gouvernement sur cette situation aussi sensible, une réaction de la société pointée du doigt serait la bienvenue.