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[Gabon] « Libération des voix » : Charles Nguema Ebozo’o dévoile les ambitions du projet dans le Grand Libreville

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Ce vendredi, dans les quartiers de Michel Montaigne et du Lac Bleu, les engins du ministère des travaux publics en présence de Charles Nguema Ebozo’o, Directeur Général Adjoint l’Agence Nationale de l’Urbanisme, des Travaux Topographiques et du Cadastre (Anuttc) ont entamé une vaste opération de démolition, effaçant sur leur passage béton, tôles, arbres et câbles électriques. Objectif affiché : désenclaver le Grand Libreville et faire respirer une circulation asphyxiée.

Les embouteillages sont devenus, au fil des années, la véritable pathologie urbaine de la capitale gabonaise. Conscient de cette réalité, le président de la République et bâtisseur en chef, Brice Clotaire Oligui Nguema, a donné le coup d’envoi, dès le 30 août 2026, d’un vaste programme d’aménagement de voies secondaires et de création de nouvelles bretelles routières. Un chantier tentaculaire qui, s’il suscite ici et là colère et grincements de dents, s’accompagne d’un effort de pédagogie soutenu de la part des autorités.

Charles Nguema Ebozo’o, Directeur Général Adjoint de l’Anuttc, a détaillé les contours de l’opération du jour, menée simultanément sur deux fronts stratégiques. « C’est un programme qui permet d’assurer la desserte à l’intérieur des quartiers sous-intégrés. Aujourd’hui, nous sommes précisément sur deux axes : l’axe École Normale Supérieure – Lac Bleu, où l’emprise est déjà ouverte — les travaux de construction de la voie démarreront dès la semaine prochaine — et l’axe Michel Montaigne – Derrière l’École Normale », a t-il indiqué.

vu des destructions au Lac Bleu après le passage du bulldozer

L’ouverture de ces deux emprises doit permettre, à terme, de fluidifier la circulation dans tout le secteur des Charbonnages, du Bas de Gué-Gué et de Derrière l’ancienne École Normale. Pendant que ces travaux battent leur plein, d’autres quartiers, à l’image d’Okala, patientent encore leur tour d’expertise.

Une opération orchestrée à plusieurs mains

Loin d’être une simple offensive de bulldozers, le déguerpissement repose sur une mécanique administrative bien huilée, où chaque institution joue sa partition : l’Anuttc pilote, le gouvernorat sensibilise, la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) démantèle les réseaux, le ministère de l’Intérieur sécurise, celui de l’Habitat fournit le matériel roulant.

Des agents de la SEEG déplaçant des compteurs de courant

« C’est une opération effectivement concertée. La SEEG s’occupe du démantèlement du réseau électrique et du réseau d’eau, le ministère des Travaux Publics nous accompagne au niveau de la destruction en mettant à disposition les engins. C’est cette mise en synergie de tous ces services qui permet d’avancer normalement. Il faut aussi souligner la participation active du gouvernorat de l’Estuaire et du ministère de l’Intérieur », a précisé le Directeur Général Adjoint.

La casse sans le chaos

Fait notable : sur le terrain, la démolition ne rime pas avec révolte. À Michel Montaigne, les riverains observent, résignés mais sans heurts, l’ouverture des emprises. Une sérénité qui n’a rien d’un hasard : elle est le fruit d’un long travail de terrain mené en amont.

Les services techniques de l’Anuttc ont recensé les populations impactées, collecté identités et numéros de téléphone, évalué la valeur des biens détruits. Le Trésor public s’active désormais pour enclencher le versement des indemnisations promises — la contrepartie sans laquelle aucune opération de ce type ne saurait se dérouler dans le calme.

Un chronogramme qui s’étend sur tout le Grand Libreville

L’opération ne se limite pas à ces trois quartiers. Un calendrier d’intervention a été établi à l’échelle de toute la capitale. Les équipes sont actuellement mobilisées à Derrière l’ancienne École Normale, au Lac Bleu, Derrière la Prison, à Diba-Diba et au Bas de Gué-Gué — autant de secteurs appelés à connaître, dans les semaines à venir, le même ballet de bulldozers au nom d’une capitale enfin désengorgée.

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