
Plus de cinquante jours se sont écoulés. Le doyen des chefs d’État africains reste introuvable. Le président du Cameroun a quitté son pays début juin. Depuis, plus aucune image, plus aucune parole publique. L’homme que la dernière élection présidentielle a reconduit au pouvoir a disparu des écrans.
Certains proches jugent insultant de réclamer son départ. Ils y voient une manœuvre pour l’écarter. Pourtant, la prudence invite à regarder les faits en face. Réélu pour un mandat de trop, le président affaibli par l’âge continue de gouverner depuis l’étranger. Son état de santé, visiblement fragile, exige une prise en charge médicale que son pays ne peut apparemment pas offrir.
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Cette absence dépasse aujourd’hui les cinquante jours. Or l’homme avait promis, serment à l’appui et devant des milliers de Camerounais, de conduire la nation vers un avenir meilleur. Quelle honte pour l’Afrique ! Le Ghana, le Sénégal, le Bénin, l’Afrique du Sud ou encore le Liberia de George Weah donnent pourtant l’exemple d’une alternance apaisée. Certains dirigeants s’accrochent au pouvoir même quand leur corps ne suit plus. Voilà un mois et demi que le chef de l’État peine à s’exprimer publiquement.
Cameroun : absent depuis 50 jours, Paul Biya au cœur de nombreuses interrogations
Un blocage institutionnel préoccupant
Sur le continent africain, rares sont les présidents qui acceptent de partager le pouvoir. Dès que le chef s’absente, tout l’appareil étatique se grippe. Pire encore : en cas de vacance avérée, personne ne peut aujourd’hui prendre le relais, faute de vice-président nommé.
Ces dysfonctionnements envoient un signal alarmant aux autres pays et aux autres continents en matière de gouvernance. L’homme se montrait pourtant combatif face à Issa Tchiroma pendant la campagne électorale. Il reste invisible pour diriger le pays. Une réalité amère pour l’Afrique, plus amère encore pour l’Afrique centrale.