
Libreville, 24 juillet 2026. La colère gronde chez les transporteurs gabonais. Ce vendredi, la Fédération des syndicats des transports autonomes du Gabon (Fesytrag) a haussé le ton. Par communiqué et vidéo virale, son vice-président dénonce un racket institutionnalisé. Il menace désormais d’un préavis de grève.
Brice Mored Ibinga ne mâche plus ses mots. Le vice-président de la Fesytrag a diffusé un message coup de poing ce vendredi 24 juillet 2026. Il pointe du doigt un système de prélèvements illégaux qui gangrène la gare routière et les grands axes du pays. Le syndicaliste dénonce, dit-il, « le système du racket mis en place depuis la gare routière par des agents de police de la Direction de la voie publique ». Selon lui, « des prélèvements se font sur les transporteurs tous les jours que Dieu fait ». Et pour lui, cette nouvelle sortie médiatique n’est rien d’autre qu’« une goutte d’eau de plus dans le vase ».
Le racket: Une véritable maladie pour les transporteurs ?
Brice Mored Ibinga hausse encore le ton dans son communiqué. Il réclame « un appel à l’ordre urgent » pour « restaurer la confiance, la volonté de travailler et garantir un dialogue social apaisé entre le ministère de l’Intérieur et les syndicats que nous sommes ».
Le syndicaliste va plus loin encore. « L’esprit du racket ne quittera plus jamais le policier sur la voie publique », affirme-t-il, « car l’impression qu’on nous donne est que le taximan est le travailleur le plus nuisible de la société ».
Il décrit ensuite une gare routière transformée en zone de prélèvement permanent. « La gare routière est la mine d’or des policiers qui ne font plus dans la régulation mais plutôt dans le chargement, avec des stylos et des bouts de papier en main pour noter les immatriculations des taxis qui leur reversent de l’argent à chaque tour effectué », dénonce Brice Mored Ibinga.
Un préavis de grève déposé le 14 août
La Fesytrag ne compte pas en rester aux mots. Le vice-président l’annonce sans détour : « Nous tenons à informer le ministre de l’Intérieur que le 14 août, un préavis de grève de 7 jours sera déposé à son cabinet pour manifester notre mécontentement face à ces abus venant surtout de la DVP et de l’U.S.I. »
Ce document sera remis au cabinet du ministre de l’Intérieur dès le 14 août 2026. Si aucune réponse concrète n’est apportée d’ici là, le mouvement pourrait bel et bien démarrer début août. Un tel arrêt de travail paralyserait fortement la mobilité urbaine à Libreville et dans les autres grandes villes du pays.
Le silence du président fédéral interroge
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte particulier. Elle fait suite au mutisme prolongé du président de la Fesytrag, Serge Bertrand Bekale. Habituellement en première ligne sur ce type de dossier, le leader syndical n’a pourtant réagi à aucune des dénonciations précédentes.
Ce silence interpelle jusque dans les rangs du syndicat. Brice Mored Ibinga s’interroge lui-même publiquement : « Nous nous posons en même temps la question de savoir pourquoi le président fédéral Serge Bertrand Bekale se tait-il face à ce fléau. A-t-il basculé dans le camp des syndicalistes véreux ? »
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