
Me Tony Serge Minko Mi Ndong, avocat des ex agents de CECA Gadis lors de la conférence de presse
La déflagration sociale couvait depuis mars. Elle a éclaté au grand jour ce mercredi, à Libreville, lors d’une conférence de presse réunissant 63 anciens salariés de Gaboprix et CK2, deux enseignes du groupe CECA-GADIS. Représentés par Me Tony Serge Minko Mi Ndong, ces travailleurs congédiés ont fermement contesté la régularité de la procédure de licenciement économique engagée à leur encontre, dénonçant une décision unilatérale prise sans qu’aucun d’eux n’ait été ni informé, ni entendu.
La formule de l’avocat résume à elle seule l’essence du litige. Pour Me Minko Mi Ndong, le vice de procédure est patent : si les représentants du personnel et les délégués syndicaux ont bien été associés aux échanges préalables, les travailleurs directement concernés, eux, auraient été maintenus dans une totale ignorance. « Aucun des 63 salariés que je représente n’a été saisi, informé ou touché par un quelconque délégué syndical ou délégué du personnel », a-t-il martelé, récusant toute apparence de concertation réelle.
Le plan social, autre point de friction
Au-delà du défaut de consultation, le conseil des plaignants pointe une seconde irrégularité : l’absence de choix offert aux salariés entre une indemnité d’insertion professionnelle et un accompagnement dans le cadre d’un plan social. Une option pourtant prévue par la législation gabonaise du travail, et dont ces 63 travailleurs affirment n’avoir jamais eu connaissance, ni encore moins exercé la faculté.

Le spectre des juridictions
Faute d’avoir obtenu de CECA-GADIS les explications réclamées en amont, les anciens employés se disent désormais résolus à porter l’affaire devant les instances compétentes : l’Inspection du travail, le tribunal administratif et le tribunal du travail. Une escalade judiciaire que les plaignants présentent comme un ultime recours, après avoir, selon eux, privilégié la voie du dialogue.
De son côté, le groupe CECA-GADIS camperait sur ses positions et maintiendrait avoir scrupuleusement respecté le cadre légal régissant les licenciements économiques. Une version des faits que les 63 anciens salariés entendent désormais soumettre à l’arbitrage de la justice.
il est important de rappeler que depuis plusieurs années, le groupe Ceca-Gadis traverse des difficultés financières. Lors d’une sortie médiatique il y a bientôt un an, la boîte avait fait savoir qu’elle sera bientôt dans l’obligation de fermer quelques magasins. Dans tous les cas, une issue favorable entre les deux parties serait judicieuse pour une accalmie.
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