[Gabon – Sport] Le CF Mounana de retour en élite : Pablo Moussodji rend hommage à la résilience d’Hervé Patrick Opiangha

Le club du Haut-Ogooué, le CF Mounana a officiellement scellé sa remontée en première division au terme d’un parcours exemplaire le week-end dernier. Une renaissance saluée avec émotion par un journaliste sportif, témoin privilégié de l’épopée Hervé Patrick Opiangha, homme d’affaires et Président dudit club.

Le CF Mounana retrouvera le National Foot 1 la saison prochaine. Vainqueur d’African Stars United sur le score sans appel de trois buts à zéro lors de la 13ᵉ journée disputée au stade Idriss Ngari d’Owendo, le club du Haut-Ogooué a officiellement validé sa remontée en première division et décroché au passage le titre de champion du National Foot 2 grâce à une barre des 24 points infranchissable. Un dénouement qui a des allures de rédemption collective.

Une renaissance signée HPO

Descendre et remonter en l’espace d’une seule saison est une entreprise que le monde du football gabonais connaît rarement sans fracas. Mais derrière cette résurrection atypique se profile la silhouette d’un homme : Hervé Patrick Opiangha, dit HPO, fondateur et président du CF Mounana. C’est Pablo Moussodji Ngoma, journaliste et lui-même président de club, qui prend la plume pour rendre hommage à celui qu’il qualifie sans détour de « modèle de résilience ».

« Autodidacte assumé, il a construit sa propre image dans plusieurs domaines », écrit Moussodji, rappelant que HPO a successivement incarné les rôles de karatéka, de footballeur puis d’entraîneur avant de s’imposer comme dirigeant. Un parcours hors normes qui dit tout de la trempe de l’homme.

De Kumasi à Owendo : vingt-huit ans d’histoire

Le témoignage de Pablo Moussodji remonte au 14 mars 1998. Ce jour-là, un tout jeune reporter francophone se retrouve noyé parmi quelque 80 000 spectateurs en rouge et blanc du bouillant stade de Kumasi, au Ghana, pour un choc de coupe de la CAF entre Ndzimba — alors présidé par Opiangah — et la mythique Ashanti Kotoko. Un carton rouge adressé au capitaine Pierre Ndomba, une défaite 2-0 : HPO prenait ce soir-là rendez-vous avec la grande histoire du football africain.

Vingt-huit ans après, l’ironie du sort ménage un retournement saisissant. Pierre Ndomba, l’un des fidèles compagnons du président fondateur, siège désormais sur le banc du CF Mounana et vient, selon les mots du journaliste, « de se faire pardonner le rouge de Kumasi ». La boucle est bouclée. Le temps, comme toujours, a remis chacun à sa juste place.

Un patrimoine au bord du gouffre, puis exhumé

Lorsque le CF Mounana — club ayant fréquenté les phases de poules de la CAF — s’est retrouvé relégué en deuxième division, certains observateurs y ont perçu le signe d’un déclin irréversible, voire d’une « seconde mort programmée ». Les défections se sont multipliées parmi les courtisans du premier rang, prompts à prendre le large dès que les eaux se sont troublées.

C’était, estime Moussodji, « mal connaître HPO ». En pleine tourmente personnelle, le président du CF Mounana a maintenu le cap, arbitrant les contraintes de calendrier pour orchestrer les transferts salutaires et insuffler un souffle nouveau à un club sous assistance respiratoire. Une manière de gouverner par la passion et la détermination là où d’autres auraient capitulé.

Le style d’un président iconoclaste

La signature d’Opiangha en tant que dirigeant est celle d’un homme de terrain au sens le plus littéral. Présent sur le banc de touche, impliqué dans les orientations tactiques à l’image du regretté Louis Nicollin à Montpellier, il impose une autorité fondée non sur le protocole mais sur la compétence et la passion. Les techniciens qui l’ont côtoyé ont su, bon gré mal gré, composer avec cette présence envahissante mais stimulante.

Le CF Mounana porte d’ailleurs les fruits de cette philosophie : ses rangs ont été alimentés par l’une des académies les mieux structurées du pays en termes de joueurs formés, preuve qu’HPO a toujours inscrit son projet dans la durée plutôt que dans l’effet d’annonce.

Une leçon de leadership

La victoire d’Owendo contre African Stars United n’est pas seulement un résultat statistique. Elle constitue, selon Moussodji, « une leçon de leadership infligée à la jeune formation adverse ». Car le CF Mounana ne revient pas en élite par effraction : il y retourne en champion, la tête haute, sous l’impulsion d’un homme que ni l’adversité, ni l’ingratitude des uns, ni les tumultes des autres n’auront réussi à faire fléchir.

L’histoire du CF Mounana et de son président fondateur s’écrit désormais comme une boussole destinée aux nouvelles générations de dirigeants gabonais : celle d’un club, d’un nom — le lieu des ancêtres —, et d’un homme entier, libre et déterminé à demeurer maître de son destin.

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