
La crise énergétique qui frappe de plein fouet la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) continue de plonger des milliers de consommateurs gabonais dans un désarroi grandissant. Après les déboires déjà vécus à Bikélé et Owendo, où les populations avaient essuyé d’importantes pertes il y a quelques semaines à peine, c’est désormais une panne numérique d’envergure qui vient assombrir davantage le tableau d’une entreprise visiblement à court de solutions durables.
Le bug informatique qui paralyse la plateforme de vente d’unités EDAN semble bien plus coriace à résorber que ne le laissait entrevoir le communiqué diffusé ce mardi 16 juin en soirée. L’entreprise avait pourtant annoncé, dans l’après-midi du même jour, une reprise progressive des achats d’unités EDAN. Des propos qui, avec le recul, semblent avoir largement sous-estimé l’ampleur réelle du chantier technique à mener — un chantier qui s’apparente désormais, selon toute vraisemblance, à une véritable œuvre titanesque.
C’est du moins ce que laisse transparaître le dernier communiqué émanant de la société :« La SEEG informe sa clientèle de la poursuite des opérations de test et de remise en service de la plateforme de vente EDAN. Contrairement aux prévisions initiales, les travaux techniques en cours nécessitent des interventions complémentaires afin de garantir la fiabilité et la sécurisation des mmmm informatiques concernés avant le rétablissement complet du service. »
Bug technique ou cyberattaque ? Le mystère persiste
À ce stade, les causes véritables de ce dysfonctionnement demeurent enveloppées d’un épais brouillard. Or, la lenteur observée dans le rétablissement de la plateforme de paiement en dit long sur la complexité — voire la gravité — du problème rencontré par les équipes techniques. De quoi donner du fil à retordre aux informaticiens de la SEEG, visiblement confrontés à un défi de taille.
Piratage informatique ou simple défaillance technique ? Pour l’heure, c’est l’omerta la plus totale qui prévaut au sein de l’entreprise. Une chape de silence qui ne fait qu’alimenter les interrogations et les spéculations les plus diverses au sein de l’opinion publique. Jusqu’à quand cette opacité perdurera-t-elle ? Les autorités envisagent-elles seulement d’indemniser les populations durement impactées par cette interruption de service ? Autant de questions qui, pour l’instant, restent sans réponse.
Des populations livrées à la chaleur, aux moustiques et aux pertes alimentaires
Sur le terrain, les conséquences de cette panne se révèlent particulièrement douloureuses pour les ménages gabonais. Les habitants n’ayant pas pu créditer leurs compteurs via Moov Money lors de cette panne se retrouvent contraints de cohabiter, contre leur gré, avec une chaleur étouffante et une invasion de moustiques particulièrement agressive faute d’éclairage et de ventilation.
Plus grave encore, de nombreuses denrées alimentaires ont été irrémédiablement détruites, faute de courant pour assurer leur conservation — une perte sèche pour des foyers déjà fragilisés par le coût élevé de la vie. Un constat s’impose, sans détour : les dégâts engendrés par cette crise sont considérables, et la facture, tant matérielle que sociale, pourrait s’avérer bien plus lourde que prévu pour la SEEG comme pour ses usagers.
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