
Une semaine après l’interpellation de l’apôtre Georges Olivier Mbazaboua, principal responsable de l’église VLR International, le mystère demeure entier sur les fondements juridiques de sa privation de liberté. Réunie ce vendredi 12 juin 2026 à Libreville, sa défense est montée au créneau pour dénoncer une procédure opaque, une garde à vue qu’elle juge abusive et l’impossibilité persistante d’accéder à son client.
Par la voix de Maître Béranger Nzé, avocat au barreau de Libreville, la famille, les proches et les fidèles du chef religieux disent ne toujours pas comprendre ni les circonstances exactes de son interpellation, ni les griefs officiellement retenus contre lui. Selon la défense, Georges Olivier Mbazaboua aurait été appréhendé à la sortie d’une salle de sport par des agents non identifiés, avant d’être conduit dans les locaux de la Direction générale des services spéciaux (DGSS), où il serait maintenu depuis plus d’une semaine.

Dans un ton grave, l’avocat déplore ce qui peut être qualifié comme un « flou artistique » autour de cette affaire. Il soutient que deux procédures antérieures ouvertes contre son client, l’une à la Police judiciaire et l’autre à la Direction générale des recherches, auraient déjà été classées sans suite par le parquet pour insuffisance de preuves. La défense affirme en outre n’avoir ni accès au dossier, ni connaissance précise des plaignants, ni même la possibilité de s’entretenir librement avec le mis en cause, en violation, selon elle, des droits les plus élémentaires de la défense.
Plus offensif encore, Maître Béranger Nzé dénonce une garde à vue hors délai, rappelant que le cadre légal gabonais encadre strictement la durée d’une telle mesure. Pour l’entourage du responsable religieux, cette rétention prolongée, sans communication claire sur les charges, s’apparente à une détention arbitraire. La défense évoque également l’interpellation d’autres proches, dont la fille de l’apôtre, et dénonce une opacité jugée incompatible avec les exigences d’un État de droit.

Mais en toile de fond, d’autres éléments viennent épaissir le dossier. Dans un article publié par Gabon Media Time, qui rapporte des témoignages recueillis notamment au micro de Gabon 24, plusieurs griefs graves sont avancés contre Georges Olivier Mbazaboua. Il y est question d’accusations d’abus sexuels sur de jeunes filles, de menaces proférées contre certaines fidèles, d’une emprise psychologique ayant entraîné des ruptures familiales, ainsi que d’un mécanisme financier opaque par lequel des dons auraient été directement orientés vers son compte bancaire personnel. D’autres témoignages évoquent encore une volonté de contrôle social sur une partie de la jeunesse.
En attendant une prise de parole officielle des autorités compétentes, l’affaire Georges Olivier Mbazaboua continue de susciter une vive onde de choc dans le paysage religieux gabonais. Entre dénonciation d’un verrouillage procédural par ses conseils et révélation de griefs d’une extrême gravité dans la sphère publique, ce dossier à haute sensibilité cristallise désormais autant les interrogations sur le fond que les inquiétudes sur la forme.
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