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Presse gabonaise : les Makongonio reviennent en troisième édition, entre consécration de l’excellence et devoir de mémoire

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Lancée officiellement samedi 6 juin 2026 à Libreville, la troisième édition des Makongonio s’annonce comme le rendez-vous incontournable de la reconnaissance journalistique au Gabon. Une compétition qui conjugue palmarès et recueillement, dans un écosystème médiatique en quête de repères.

C’est dans une atmosphère à la fois festive et recueillie que la troisième édition des Makongonio a été officiellement lancée, samedi 6 juin 2026, au cours d’une conférence de presse tenue à Libreville. À la tribune, Thierry Mebalé Ekouaghe, président du Cercle des patrons de la presse privée en ligne (CPPPL) et promoteur de l’événement, entouré de Ludwig Ragonizo-Lasseny, président du comité d’organisation.

Avant même que les premiers mots ne soient prononcés, une minute de silence a été observée à la mémoire des professionnels des médias emportés depuis le début de l’année 2026. Un geste sobre, chargé d’une signification profonde, qui dit tout de l’ADN de cette distinction : honorer les vivants sans jamais oublier les disparus.

Car les Makongonio ne sont pas nés d’une simple velléité de célébration corporatiste. Ils portent en eux le souvenir d’une tragédie fondatrice : le crash d’hélicoptère survenu en 1985 dans le sud de l’Ogooué-Lolo, à Makongonio, qui coûta la vie à plusieurs journalistes. « Makongonio consiste à rendre hommage non seulement aux disparus, mais également aux rescapés de ce crash », a rappelé Thierry Mebalé Ekouaghe, précisant que cette initiative vise tout autant à ériger l’excellence en boussole au sein de la profession

Trente-trois nominés, douze trophées, une seule couronne

Sur le plan compétitif, cette troisième édition s’annonce dense. Trente-trois nominés se disputeront douze récompenses couvrant un spectre étendu de la pratique journalistique : reportage radio et télévision, présentation antenne, journalisme en ligne, rubriques politique, économique et sportive, sans oublier les correspondants de l’intérieur — ces sentinelles de l’information souvent reléguées à la périphérie des distinctions officielles.

Au sommet de la pyramide trône le prestigieux trophée Makongonio, réservé au meilleur des lauréats : une consécration suprême, ultime reconnaissance du mérite dans une profession où l’excellence se forge dans l’ombre et sous pression.

Pour être éligibles, les candidats doivent exercer au sein d’une rédaction agréée par le ministère de la Communication et des Médias et reconnue par la Haute Autorité de la Communication — un gage de sérieux qui confère à la compétition sa crédibilité institutionnelle.

Le vote du public, ouvert depuis la nuit du 6 juin à minuit, se poursuivra jusqu’au 26 juin 2026. La grande cérémonie de remise des prix est quant à elle programmée le 27 juin, à l’hôtel Hibiscus de Louis, à Libreville.

Innovations, solidarité et ambition pérenne

Parmi les ajouts notables de cette édition figurent le maintien du Makongonio d’Or, distinction qui récompense une personnalité du journalisme pour l’ensemble d’une carrière, et l’instauration de dix prix d’honneur destinés à saluer des figures — journalistes ou non — dont l’apport au développement de la presse gabonaise aura été jugé déterminant. Une manière d’élargir le cercle de la reconnaissance au-delà du seul microcosme rédactionnel.

Pour Ludwig Ragonizo-Lasseny, les Makongonio transcendent désormais la logique d’un simple palmarès. « Cette plateforme permet aux confrères de se retrouver, d’échanger et de créer une véritable solidarité professionnelle », a-t-il plaidé, appelant dans le même souffle à une revalorisation tangible des conditions d’exercice du métier. Un appel qui résonne avec acuité dans un contexte gabonais de transition, où la refondation des institutions interpelle aussi celle des corps intermédiaires.

Fort de deux éditions réussies, le CPPPL entend désormais inscrire les Makongonio dans la durée, en les consolidant comme l’une des vitrines majeures de la reconnaissance journalistique au Gabon. Un pari audacieux, mais nécessaire : rappeler, par-delà les trophées et les projecteurs d’une soirée de gala, que derrière chaque information se trouvent des femmes et des hommes dont l’engagement, souvent invisible, mérite d’être salué avec la solennité qu’il exige.

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