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[Gabon-Politique] Pour Francky Meba Ondo, Ali Bongo attise le feu là où Oligui Nguema joue la carte de l’apaisement

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L’onde de choc n’a pas tardé. À peine le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, avait-il fini de s’exprimer sur France 24 — le mardi 2 juin 2026 — avec la placidité d’un chef d’État sûr de sa légitimité, que la sphère politique gabonaise se déchirait déjà sur l’interprétation à donner à ses mots. C’est dans ce contexte de controverse naissante que Francky Meba Ondo, fin connaisseur des arcanes du pouvoir à Libreville, a choisi de prendre la plume. Et de frapper fort.

Sur son site officiel, le chroniqueur — que ses milliers d’abonnés connaissent sous le pseudonyme de « Meboon » — a livré une analyse au scalpel, refusant toute ambiguïté : face à un Chef de l’État qui tend la main et convie son prédécesseur à la cérémonie d’inauguration de la Cité de la Démocratie, les tiraillements entretenus par l’entourage d’Ali Bongo Ondimba relèvent, à ses yeux, d’une manœuvre délibérément déstabilisatrice.

Le geste et son contrepoint

Au cœur de la démonstration de Meba Ondo se trouve un paradoxe saisissant : en invitant Ali Bongo à l’inauguration de la Cité de la Démocratie, Oligui Nguema a accompli un acte politique rare — signifier publiquement qu’il n’est l’ennemi de personne, pas même de l’homme qu’il a détrôné le 30 août 2023. Un geste que le chroniqueur qualifie de « magnanimité », vertu cardinale que l’histoire réserve aux chefs qui gouvernent l’avenir sans se laisser emprisonner par le ressentiment du passé.

À ce geste d’ouverture, Meba Ondo oppose la réponse tordue de certains cercles bongouistes qui ont tenté de parasiter l’interview en y injectant le sort de Sylvia Bongo et de son fils Noureddin. Pour le chroniqueur, cette tentative de confusion est non seulement intellectuellement malhonnête, mais constitutionnellement absurde.

Le blindage juridique d’un prédécesseur

Meba Ondo rappelle, avec une précision d’orfèvre, que la réforme constitutionnelle de décembre 2020 — adoptée sous la présidence d’Ali Bongo lui-même — avait érigé en son article 78 une immunité quasi absolue protégeant tout ancien Chef de l’État des poursuites liées à l’exercice de ses fonctions. Une fortification juridique taillée sur mesure pour le locataire du Palais du Bord-de-Mer, et que ses proches ne sauraient, en toute rigueur républicaine, s’approprier.

Vouloir extrapoler cette immunité à l’épouse et au fils de l’ex-président, c’est, selon Meba Ondo, « commettre l’hérésie républicaine de placer sur un même piédestal la fonction sacrée de Chef de l’État et les dérives individuelles des membres de son clan ». Une formule qui claque comme un verdict.

Légitimité populaire contre décret signé

Sur la question des promotions accordées à Oligui Nguema sous le régime précédent — argument brandi par les défenseurs de l’ex-président pour relativiser le coup de force d’août 2023 —, le chroniqueur tord le cou à toute tentative de récupération. Oui, le général a bénéficié d’avancements légitimes, comme des milliers de hauts fonctionnaires avant lui. Mais aucun grade, dit Meba Ondo, ne lui imposait de patienter indéfiniment face à une imposture au sommet de l’État que la société civile et l’opposition dénonçaient depuis des années.

Et lorsqu’il s’agit de mesurer la légitimité en jeu, l’arithmétique est sans appel : le référendum constitutionnel suivi du scrutin national d’avril 2025 a conféré à Oligui Nguema une onction populaire que le régime déchu n’a jamais connue — ni en 2009, ni lors du scrutin contesté de 2016, ni dans la mascarade électorale avortée d’août 2023. Face à ce plébiscite citoyen, un décret de nomination brandi avec nostalgie fait piètre figure.

Un réquisitoire pour l’Histoire

La conclusion de Meba Ondo vise large et touche juste. Aux courtisans de l’ère révolue qui, depuis leurs havres européens, crachent désormais sur une République dont ils ont pourtant abondamment tiré les ficelles sans jamais lui rendre la pareille, le chroniqueur adresse un message lapidaire : l’Histoire, cette juge implacable, saura démêler les fidélités sincères des opportunismes déguisés en patriotisme.

« En tout cas, nous l’espérons. Fermement. » — une chute à la fois sobre et cinglante, qui dit tout de la conviction de l’homme.

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