
Réunis face à la presse ce mercredi 03 juin 2026, les enseignants-chercheurs membres du Syndicat national des enseignants-chercheurs de l’Université Omar Bongo sont une nouvelle fois montés au créneau. Par la voix de leur président, Mathurin Ovono Ebe, le SNEC-UOB a fustigé un retard jugé incompréhensible dans le paiement de la dette pédagogique, alors même que le dossier aurait déjà franchi plusieurs étapes administratives et politiques. Le syndicat dénonce une situation devenue explosive, nourrie par la lenteur du traitement, des calculs contestés et une opacité qui alimente désormais toutes les suspicions.
Au cœur de la colère syndicale, un chiffre : 1,215 milliard de FCFA, montant qui aurait été débloqué sur instruction des plus hautes autorités pour apurer la dette liée aux vacations. Selon le syndicat, une partie de cette somme, estimée à 264 millions de FCFA pour l’année universitaire 2022-2023, ne devrait même pas être soumise à contestation, puisqu’elle aurait déjà été validée. Pourtant, malgré la transmission des documents exigés à la commission d’audit, le paiement intégral tarde toujours à se matérialiser.
Le ton s’est encore durci lorsque le SNEC-UOB a évoqué les primes journalières supposées des auditeurs, évaluées à 50 000 FCFA par jour. Pour les syndicalistes, cette mécanique alimente un soupçon ravageur : celui d’une procédure délibérément étirée pour prolonger des avantages financiers, au détriment des enseignants et de la stabilité académique. Le syndicat y voit un scandale à ciel ouvert, une dérive bureaucratique insoutenable et une forme de défi lancé aux instructions données au sommet de l’État.
Dans ce climat électrique, le SNEC-UOB pose désormais ses conditions sans ambages : pas de reprise normale des activités académiques sans paiement intégral des vacations. Pour l’organisation, il ne s’agit plus seulement d’une revendication salariale, mais d’une exigence de justice, de crédibilité institutionnelle et de respect de la parole publique. En clair, le syndicat refuse que les enseignants-chercheurs servent de variable d’ajustement dans un dossier qu’il estime déjà suffisamment instruit.
Cette nouvelle sortie médiatique confirme une montée de la tension à l’Université Omar Bongo, où le bras de fer entre les enseignants-chercheurs et l’administration prend une tournure de plus en plus frontale. Si aucune réponse concrète n’est apportée dans les prochains jours, la crise pourrait durablement compromettre le calendrier universitaire et accentuer le malaise dans l’enseignement supérieur gabonais.
si rien est fait d’ici samedi, les enseignants n’entendent pas reprendre le chemin des amphithéâtres lundi prochain. Encore moins, lancer les examens de fin d’année. Une situation qui plonge les étudiants dans un climat d’incertitude.
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