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[Gabon – Société] Mayumba : Oligui Nguema déplore les dérives des jeunes commis à la gestion publique

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Depuis le jeudi 28 mai 2026, Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la République, chef de l’État, séjourne dans la province de la Nyanga, plus précisément à Mayumba, chef-lieu du département de Basse-Banio, dans le cadre d’une escapade privée loin des ors de la présidence. C’est dans cette atmosphère dépouillée, propice aux confidences, que ce dernier a accordé ses impressions au journaliste Chamberland Moukouama — livrant, entre deux lancers de ligne, un réquisitoire sans détour contre une jeunesse dorée qui dilapide ses chances sur l’autel de l’enrichissement express.

Le constat est sans appel, et le Président ne mâche pas ses mots. Une frange de la jeune élite gabonaise — bardée de diplômes, cultivant un discours vertueux avant toute nomination — se métamorphose, sitôt investie, en prédatrice insatiable des ressources publiques. Détournements de fonds, culte de la personnalité, réseautage clanique, nominations clientélistes : le tableau dressé par Oligui Nguema est celui d’une pathologie structurelle qui ronge les institutions de l’intérieur.

Car gérer la chose publique est un art qui s’apprend, une discipline qui s’éprouve dans la durée — non un privilège que l’on saisit d’un coup de force ou d’une bonne relation. Or, trop souvent, ces cadets de la République confondent responsabilité et rente, fonction et patrimoine, mandat et butin.

« Celui qui va vite, tombe aussi vite »

La formule, lapidaire et implacable, résume à elle seule la philosophie que le chef de la Transition entend inculquer à une génération pressée de jouir avant d’avoir servi. « Celui qui va vite, tombe aussi vite. Et c’est ce qu’on reproche aux jeunes aujourd’hui. Il faut apprendre à faire ses classes dans l’administration. On veut construire une carrière, on commence par le bas de l’échelle. On gravit les échelons jusqu’à ce qu’on arrive au sommet. Lorsqu’on commence par le sommet, on descend beaucoup plus vite. C’est ça le véritable problème avec les jeunes aujourd’hui. »

Puis, enfonçant le clou avec une franchise désarmante : « Lorsqu’on les nomme, ils veulent aller vite. Ils ne s’assument pas. Il y en a qui veulent s’enrichir vite. Et c’est tout cela qu’il faut dénoncer. Il faut faire ses classes. »

Un fléau aux résonances continentales

Le phénomène que pointe Oligui Nguema est loin d’être une spécificité gabonaise. À l’échelle du continent africain, la captation précoce des leviers de l’État par une jeunesse sans apprentissage ni boussole morale constitue l’une des hémorragies les plus dévastatrices pour les économies en développement. Elle torpille la confiance des investisseurs, fragilise les institutions, et prive les populations des dividendes de la croissance.

Au Gabon, le message présidentiel prend une résonance particulière. Il signifie que la complaisance a vécu — et que les années zéro de la gouvernance vertueuse commencent, y compris pour les plus jeunes commis de l’État.

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