
Dakar, 25 mai 2026 — Le tremblement de terre était annoncé. Il a finalement eu lieu. Le président Bassirou Diomaye Faye a signé ce lundi le décret mettant fin aux fonctions d’Ousmane Sonko à la tête du gouvernement, lui substituant une figure technocratique de premier plan : Ahmadou Al Aminou Lô, ancien cadre de la Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), désormais promu aux plus hautes responsabilités exécutives du pays.
L’annonce, lue solennellement sur les ondes de la télévision publique, a instantanément électrisé la scène politique sénégalaise. Car derrière cette nomination se dessine un tournant stratégique majeur : Faye tourne la page d’une alliance tumultueuse avec son ancien Premier ministre pour embrasser le profil rassurant d’un économiste aguerri, rodé aux arcanes des institutions financières continentales.
Lô n’est pas un inconnu du sérail. Secrétaire général du premier gouvernement Faye — lui-même au pouvoir depuis avril 2024 — avant d’accéder au rang de ministre, il incarne une certaine idée de la rigueur budgétaire et de la continuité institutionnelle, aux antipodes du verbe flamboyant qui caractérisait son prédécesseur.
Ce limogeage consomme la rupture, longtemps pressentie, entre deux hommes que l’on croyait indissociables. Sonko, figure volcanique et tribunitienne du mouvement Pastef, paie aujourd’hui le prix d’une cohabitation gouvernementale devenue intenable.