
C’est un acte de haute portée diplomatique et humaine que vient de poser le souverain marocain le week-end dernier. À l’orée de l’Aïd al-Adha, le roi Mohammed VI a accordé sa grâce royale à plusieurs supporters sénégalais, incarcérés depuis les incidents qui avaient émaillé la finale de la Coupe d’Afrique des Nations.
L’annonce, relayée par un communiqué solennel du cabinet royal, a retenti comme un soulagement des deux côtés de l’Atlantique. Ces hommes, rattrapés par la ferveur incontrôlée d’un soir de finale, pourront désormais retrouver les leurs et célébrer la Tabaski sur leur terre natale.
Mais au-delà du geste humanitaire, c’est toute la profondeur des liens maroco-sénégalais qui transparaît dans cette décision. Rabat et Dakar, deux capitales historiquement soudées par des décennies de coopération et de fraternité, réaffirment ainsi la solidité de leur partenariat — même lorsque le football, ce révélateur de passions, a failli les opposer.
Le Palais a d’ailleurs tenu à insister sur les valeurs de clémence, de tolérance et de générosité qui fondent cette initiative royale — un message adressé bien au-delà des gradins.
Au Sénégal, la nouvelle a été accueillie avec un immense soulagement. Familles, proches et associations de supporters attendaient depuis plusieurs semaines un geste des autorités marocaines après la demande du président Sénégalais Bassirou Diomaye Faye il y a quelques temps. Il est venu, royal, et dans les délais les plus symboliques qui soient.