
Le Soudan saigne. Et le monde, selon Médecins Sans Frontières, choisit de détourner le regard.Trois ans après le déclenchement d’une guerre civile dévastatrice, l’ONG médicale tire la sonnette d’alarme avec une brutalité rare. Son président, Javid Abdelmoneim, dans une déclaration faite le mercredi 20 mai dernier pointe une inaction internationale coupable et une absence de volonté politique qui confine, selon lui, à l’abandon pur et simple d’un peuple martyrisé.
Sur le terrain, le tableau est apocalyptique. Au Darfour, les coupes drastiques dans l’aide internationale ont ouvert la voie à une double menace : la famine aiguë guette des populations déjà exsangues, tandis que les épidémies prolifèrent dans des zones où le système de santé n’est plus qu’un souvenir. Les hôpitaux eux-mêmes sont devenus des cibles — les attaques contre les structures médicales se multiplient avec une impunité glaçante.
Le silence des puissants
Ce qui révolte MSF, ce n’est pas seulement l’horreur du conflit — c’est l’indifférence organisée qui l’entoure. Alors que le Soudan s’enfonce dans l’une des pires crises humanitaires de la planète, les chancelleries restent mutiques, les négociations au point mort, et les couloirs humanitaires sous les décombres.Javid Abdelmoneim ne prononce pas le mot « génocide ». Mais entre les lignes, l’accusation est là, lancinante : laisser mourir n’est pas une fatalité. C’est un choix.
Pour l’heure, les regards sont tournés vers l’Iran, Israël et l’Ukraine. Pendant ce temps, le Soudan plonge.
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