
Libreville, le 20 mai 2025 — Palais de la Rénovation. Dans une allocution sans ambages, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a convoqué l’ensemble des directeurs généraux et leurs directeurs administratifs et financiers impliqués dans la mobilisation des recettes publiques pour leur signifier, avec une sévérité manifeste, que l’heure de la tolérance zéro avait sonné.
Le constat dressé par le chef de l’État est aussi accablant qu’implacable. La parafiscalité gabonaise, gangrenée par des décennies de laxisme et de connivences inavouées, fonctionne depuis trop longtemps comme un système à double fond : d’un côté, des prélèvements officiellement justifiés ; de l’autre, des recettes qui s’évaporent avant même d’atteindre les caisses publiques. Une hémorragie financière silencieuse, mais dévastatrice pour les finances de l’État.
Face à cette dérive systémique, Oligui Nguema n’a pas mâché ses mots. Il a dénoncé avec une vigueur cinglante l’opacité qui règne au sein de plusieurs directions générales, pointant du doigt des pratiques que d’aucuns qualifieraient pudiquement d’irrégularités, mais que le président de la République, lui, n’hésite pas à assimiler à du racket institutionnalisé.
Des contraintes intempestives, des prélèvements arbitraires, des ponctions discrétionnaires imposées aux opérateurs économiques : autant d’exactions qui paralysent l’activité entrepreneuriale, découragent l’investissement et privent l’État de ressources considérables.
Deux piliers pour une réforme structurelle
Pour mettre un terme à ce désordre préjudiciable, le chef de l’État a arrêté une feuille de route articulée autour de deux axes cardinaux. Le premier est la digitalisation accélérée du système de paiement des recettes publiques. Une dématérialisation intégrale des transactions qui, en supprimant les intermédiaires suspects et les circuits informels, rendra toute captation illicite techniquement impossible — ou, du moins, traçable et sanctionnable.
Le Trésor public : unique collecteur, dernier rempart
Le message du président de la République est limpide et non négociable : le Trésor public doit demeurer l’unique et souverain collecteur des recettes de l’État. Tout prélèvement opéré en dehors des circuits légaux constitue, selon ses propres termes, une atteinte directe aux intérêts supérieurs de la nation.
Pour matérialiser cette exigence de traçabilité absolue, Oligui Nguema a ordonné la mise en place d’un service unique de coordination des contrôles, intégrant les agents assermentés compétents et garantissant une parfaite lisibilité des opérations. La suspension immédiate de tous les prélèvements illégaux a, par ailleurs, été expressément exigée.