
La gronde ne faiblit pas. Jour après jour, des enseignants issus des établissements confessionnels du Gabon se relaient devant les grilles du ministère de la Fonction publique, brandissant leur exaspération face à une bureaucratie qu’ils jugent sourde à leurs doléances. Par la voix de leur porte-parole, Duphy Minto’o Ella, le collectif a formalisé sa colère dans un communiqué retentissant, lu le 4 mai dernier : une mise en demeure implicite adressée aux autorités compétentes, assortie d’un appel pressant à l’arbitrage du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.
À l’image de leurs collègues du mouvement SOS Éducation la Base, qui battaient eux aussi le pavé pour des motifs similaires en début d’année 2026, les enseignants du secteur confessionnel réclament lumière et transparence sur le traitement de leurs dossiers. Mais au-delà de la simple lenteur administrative, certains d’entre eux n’hésitent plus à formuler des accusations bien plus graves : des détournements de postes budgétaires seraient à l’œuvre dans les coulisses. Des allégations sérieuses, qui, si elles venaient à être corroborées, constitueraient un scandale d’une portée considérable pour le système éducatif gabonais.
Face à ce qu’ils jugent « d’opacité persistante» et ce qui pourrait ressembler à une «inertie» des rouages administratifs, le collectif a choisi de franchir un palier supplémentaire dans l’escalade, en portant directement le contentieux devant le garant suprême des institutions. Brice Clotaire Oligui Nguema, Président du Gabon.

Laurence Ndong en première ligne
C’est dans ce contexte électrique que la ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, a choisi de recevoir les représentants du collectif. Réputée pragmatique et proche des réalités du terrain, la membre du gouvernement se serait montrée rassurante quant à l’issue favorable des situations administratives en suspens, selon les déclarations du porte-parole Duphy Minto’o Ella à l’issue de l’entretien.
Des sources bien introduites dans ce dossier apportent toutefois un éclairage nuancé : si le ministère de la Fonction publique a scrupuleusement accompli sa part du travail, la suite du processus échappe désormais à sa sphère de compétence. Le cadrage budgétaire, nerf de la guerre en la matière, relève en effet d’autres départements ministériels. La Fonction publique s’est néanmoins engagée à assurer un suivi rigoureux du dossier.
Ces assurances, aussi sincères soient-elles, n’auront pas suffi à dissiper la méfiance des protestataires. Les enseignants, qui avaient d’ores et déjà décidé de suspendre les cours dès le lundi 4 mai, ont haussé le ton : ils entendent désormais établir un campement permanent devant la Maison du Peuple, symbole fort d’une contestation qui se radicalise et qui pourrait, si elle perdure, peser lourdement sur le bon déroulement de l’année scolaire.
La nuit du 4 mai restera gravée dans la mémoire douloureuse du...
ByLa Rédaction6 mai 2026Lambaréné, mai 2026 — La ville aux trois îles s'apprête à vibrer...
ByLa Rédaction6 mai 2026Lomé, 13 janvier 1963, 7h15. Un corps gît dans la poussière, à...
ByLa Rédaction6 mai 2026La coupe est pleine. Face à la vague de violences xénophobes qui...
ByLa Rédaction6 mai 2026
Leave a comment