
Ouagadougou, 5 mai 2026 — Le couperet est tombé, une fois de plus. Le Conseil Supérieur de la Communication (CSC) du Burkina Faso a prononcé mardi l’interdiction formelle de diffusion de TV5 Monde sur l’ensemble du territoire national. Motif invoqué : des manquements graves et répétitifs dans le traitement de l’actualité sécuritaire au Sahel, notamment au Burkina Faso et au Mali. Une décision fracassante qui sonne comme un nouveau séisme dans les relations déjà profondément dégradées entre Ouagadougou et Paris.
TV5 Monde rejoint ainsi un club tristement élitiste. La chaîne francophone internationale devient la troisième victime médiatique française à tomber sous les fourches caudines du régulateur burkinabè, après Radio France Internationale (RFI) et France 24, toutes deux contraintes au silence sur les ondes du pays des Hommes intègres il y a quelques mois. Un tropisme devenu presque systématique : à Ouagadougou, les médias hexagonaux semblent désormais naviguer en eaux dangereusement minées.
Derrière la rigueur apparente du motif réglementaire se profile une logique politique assumée. Le régime du capitaine Ibrahim Traoré, arc-bouté sur une souveraineté totale — militaire, diplomatique et désormais informationnelle — entend dicter les règles du jeu médiatique sur son propre sol. En ligne de mire : les rédactions françaises accusées de relayer une lecture biaisée, voire hostile, des opérations sécuritaires menées par les Forces armées nationales et leurs alliés.
Pour Ouagadougou, il ne s’agit plus d’une simple querelle de traitement éditorial, mais d’une bataille pour le contrôle du récit, celle qui oppose une Afrique sahélienne en pleine recomposition géopolitique à une ancienne puissance tutélaire perçue comme irrémédiablement partiale.
Le spectre de la liberté de la presse
Cette offensive tous azimuts contre les médias français soulève néanmoins des questions fondamentales sur l’espace accordé au pluralisme de l’information au Burkina Faso. Si le droit souverain de tout État à réguler son paysage audiovisuel est incontestable, la systématisation des interdictions frappe les observateurs et les défenseurs de la liberté de la presse.
Une chose est certaine : l’onde de choc burkinabè dépasse largement les frontières du Sahel, et résonne comme un avertissement adressé à l’ensemble des médias internationaux couvrant la région — qu’ils s’y conforment ou s’en accommodent.
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