Le Différend des Îles au cœur des échanges entre Oligui et la délégation de l’Union Africaine

Libreville, le 27 avril 2026 — La diplomatie africaine reprend ses droits sur un dossier qui couvait depuis des décennies. Ce lundi, le Palais du Bord de Mer de Libreville a accueilli une rencontre de haute facture entre Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, et une délégation dépêchée par la Commission de l’Union Africaine, conduite par Albert Shingiro, Envoyé Spécial du Président de la Commission. Au cœur des échanges : le différend territorial — terrestre, maritime et insulaire — qui oppose depuis des lustres le Gabon à sa voisine et sœur, la République de Guinée Équatoriale.

L’émissaire de l’UA a soumis au Chef de l’État gabonais un dispositif structuré en quatre axes fondamentaux : l’adoption d’une feuille de route commune aux deux parties ; la mise en place d’un mécanisme ad hoc de délimitation assorti du lancement des opérations de démarcation physique des frontières ; la désignation de points focaux locaux chargés d’assurer la coordination entre les équipes techniques et de garantir l’appropriation nationale du processus ; enfin, la conclusion d’un accord de coopération transfrontière destiné à transformer d’anciens points de friction en espaces de convergence économique et humaine entre les deux nations sœurs.

Face à l’émissaire de l’Union Africaine, le Président Oligui Nguema a affiché une posture à la fois résolue et apaisante — celle d’un chef d’État soucieux de conjuguer fermeté sur les droits souverains du Gabon et attachement profond aux vertus du dialogue entre États frères. Exhortant l’ensemble des acteurs à faire primer la diplomatie et le respect scrupuleux du droit international sur toute tentation de crispation nationaliste, il a rappelé que l’enjeu dépasse la seule question des îles litigieuses. Le dossier Gabon-Guinée Équatoriale est en effet observé bien au-delà des deux capitales comme un test grandeur nature de la maturité diplomatique africaine — et la preuve que le continent peut régler ses contentieux territoriaux par les voies de la raison plutôt que par celles de la confrontation stérile.

Le socle juridique de cette démarche est l’arrêt rendu le 19 mai 2025 par la Cour Internationale de Justice — juridiction suprême des Nations Unies — sur la délimitation terrestre et maritime ainsi que la souveraineté sur les îles litigieuses opposant Libreville à Malabo. Décision revêtue de l’autorité absolue de la chose jugée et juridiquement contraignante pour les deux États, elle constitue la boussole irréfutable du processus en cours. C’est précisément dans l’espace qui sépare la sentence prononcée de son application effective sur le terrain que l’Union Africaine entend déployer ses bons offices — car traduire chaque disposition en actes concrets de délimitation, de démarcation et de coopération transfrontière requiert un accompagnement technique, politique et humain de premier ordre.

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