
La ligne de démarcation est désormais tracée. Depuis Libreville, le Rassemblement pour la Patrie et la Modernité (RPM) a rendu son «verdict» politique sur l’une des affaires judiciaires les plus scrutées du moment au Gabon. Dans un communiqué musclé, signé vendredi par son président par intérim Jean-Robert Goulongana, le parti oppose une fin de non-recevoir catégorique à toute tentative de colorer en rouge politique le dossier judiciaire d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, placé sous mandat de dépôt le 16 avril dernier.
La thèse du RPM est aussi tranchante que sans appel : « une affaire impliquant une personnalité politique ne saurait, par principe, être qualifiée d’affaire politique. » Une prise de position frontale qui bouscule les interprétations qui foisonnent dans l’opinion publique gabonaise, où la frontière entre prétoire et arène politique n’a jamais été aussi poreuse. Le RPM ne se contente pas de récuser la politisation du dossier — il en fait une question de principe constitutionnel. Le parti réclame avec insistance le respect scrupuleux de la présomption d’innocence et la préservation intégrale des droits fondamentaux de l’ancien Premier ministre. Un impératif qui, aux yeux du parti, doit impérativement l’emporter sur toute velléité de récupération idéologique ou de surenchère partisane.
En réaffirmant sa confiance dans la capacité de la justice gabonaise à conduire cette procédure avec impartialité et rigueur, le RPM entend recentrer le débat sur son unique terrain légitime : le prétoire, non le prétexte. Car dans un État de droit digne de ce nom, c’est la magistrature seule — non l’opinion, non les partis — qui détient le monopole de la qualification des faits et de l’établissement des responsabilités. Un rappel à l’ordre républicain, adressé autant aux adversaires du pouvoir qu’aux commentateurs pressés de transformer chaque mise en examen en affrontement politique.
Installation du maire de Libreville, le port de Kobe-Kobe : le RPM salue les dynamiques de transformation nationale
Au-delà de l’affaire judiciaire, le communiqué du RPM embrasse l’actualité institutionnelle et économique du Gabon avec un égal enthousiasme. Le parti a tenu à féliciter chaleureusement la nouvelle équipe municipale de Libreville, désormais conduite par Eugène Mba, l’exhortant à incarner « rigueur, transparence et sens élevé du devoir » au service des Librevillois. Une injonction claire : la capitale gabonaise doit rayonner comme la vitrine de l’attractivité nationale, et non comme le symbole de la gouvernance défaillante.
le RPM a par ailleurs, salué avec enthousiasme la signature de la convention du projet de port de Kobe-Kobe, qu’il qualifie sans détour d’« accord historique ». Le parti y voit une étape charnière dans l’ambition stratégique du Gabon de s’ériger en hub logistique incontournable de l’Afrique centrale. Saluant « la vision pragmatique et la détermination d’homme d’action du président de la République », le RPM affiche sa conviction que ce chantier d’envergure sera un levier de prospérité tangible pour les populations. Un double message, en somme : l’État de droit comme rempart contre l’arbitraire judiciaire, et le développement économique comme cap indéfectible de la nation gabonaise.