[Interview exclusive] Lionel Engonga : « Mon objectif demeure inchangé : servir, défendre les droits humains et contribuer à l’amélioration de notre système judiciaire»

Depuis quelque temps, le nom de SOS Prisonniers revient sans cesse dans les médias. Entre prises de position tranchées et déclarations sur des sujets sensibles, l’organisation ne laisse personne indifférent. Le vendredi 10 avril dernier, la rédaction de « La Médiane » a décidé de tendre le micro à son président, Lionel Engonga pour mieux comprendre les coulisses de cette ONG et le parcours de l’homme qui l’incarne. Entretien sans filtre.

Pour commencer, qui est Lionel Engonga ? D’où vous est venue l’idée de créer SOS Prisonniers ?

Lionel Engonga : « Je tiens tout d’abord à vous remercier pour l’opportunité que vous m’offrez moi et l’organisation non gouvernementale dont je le privilège de diriger depuis plusieurs années déjà. À chaud, je pourrais dire que Lionel Ella Engonga est avant tout un juriste engagé et un acteur de la société civile profondément attaché à la défense des droits humains. Mon parcours est marqué par une sensibilité particulière aux injustices, notamment celles vécues en milieu carcéral. L’idée de créer SOS Prisonniers est née d’un constat simple mais alarmant : celui de la précarité des conditions de détention, des lenteurs judiciaires et du manque d’assistance pour de nombreux détenus. Il fallait agir. SOS Prisonniers s’est donc imposé comme une réponse citoyenne, humaine et engagée pour redonner leur dignité à ces personnes souvent oubliées. ».

Lors de la Transition, vous avez été nommé député par le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Comment avez-vous relevé ce défi, et que retenez-vous de votre passage à l’Assemblée nationale, la « maison du peuple » ?

Lionel Engonga : « Ce fut un honneur et une responsabilité de premier plan. J’ai abordé cette fonction avec humilité, mais aussi avec la ferme volonté de porter la voix des sans-voix au sein de l’hémicycle. Mon passage à l’Assemblée nationale m’a permis de mieux comprendre les mécanismes institutionnels et les défis liés à la réforme de notre système judiciaire et pénitentiaire. J’en retiens une expérience enrichissante, mais aussi la nécessité de renforcer davantage le lien entre les institutions et les réalités vécues par les citoyens. »

Aujourd’hui, quelles sont vos relations avec les responsables de l’administration pénitentiaire, le ministre de la Justice et les acteurs du Palais de Justice ?

Lionel Engonga : « Nos relations sont globalement institutionnelles et constructives. SOS Prisonniers Gabon travaille dans une logique de collaboration, tout en conservant son indépendance. Nous échangeons régulièrement avec les autorités judiciaires et pénitentiaires afin de faire remonter les préoccupations des détenus et de proposer des pistes d’amélioration. Il peut arriver que nos positions soient fermes, notamment lorsqu’il s’agit de dénoncer certaines pratiques, mais cela s’inscrit toujours dans une démarche républicaine et constructive.

Nous avons appris par voie de presse que votre ONG a signé un partenariat avec l’Ambassade de France et l’Union européenne. Pouvez-vous revenir sur ce volet et sur les actions concrètes prévues ?

Lionel Engonga : « En effet, SOS Prisonniers bénéficie de l’accompagnement de partenaires internationaux, notamment l’Union européenne, dans le cadre d’un projet intitulé « Dignité en détention », qui prendra fin en 2027 et vise à améliorer les conditions de détention. Ce partenariat s’inscrit dans une dynamique de professionnalisation de nos actions. Il nous permet de mettre en œuvre des programmes concrets tels que l’assistance juridique aux détenus, la sensibilisation aux droits fondamentaux, ainsi que des actions en faveur de la dignité en détention.»

Lors des élections législatives et municipales de 2025, vous étiez candidat dans le 2ᵉ arrondissement de Libreville, scrutin que vous n’avez pas remporté. Quel avenir politique et associatif pour Lionel Engonga dans les prochaines années ?

Lionel Engonga : « Une élection est une étape, pas une finalité. Cette expérience m’a permis de me rapprocher davantage des populations et de mieux comprendre leurs attentes. Je reste engagé, à la fois sur le plan associatif et citoyen. Mon objectif demeure inchangé : servir, défendre les droits humains et contribuer à l’amélioration de notre système judiciaire. L’avenir se construira avec constance, détermination et fidélité aux valeurs que je porte. Je vous remercie. »

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