
Le climat d’incertitude qui enveloppe actuellement la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog) suscite une vive inquiétude au sein des partenaires sociaux. Dans un communiqué de presse transmis à la rédaction de La Médiane en date du 9 avril 2026, Joscelain Lebama, secrétaire général du Syndicat des Travailleurs des Industries Minières et Métallurgiques (STRIMM), dénonce avec fermeté le silence persistant observé depuis l’annonce d’un supposé retrait d’un actionnaire du groupe Eramet. Une posture qu’il juge incompréhensible, voire préoccupante, au regard de la gravité des enjeux en présence.
Depuis plusieurs jours, diverses informations font état de tensions financières notables, doublées d’éventuels bouleversements dans la configuration de l’actionnariat du groupe. Si ces éléments venaient à être confirmés, leurs répercussions pourraient s’avérer considérables, tant sur la gouvernance de l’entreprise que sur ses orientations stratégiques, avec, en toile de fond, des conséquences potentielles sur les conditions de travail des salariés.
Face à une conjoncture aussi sensible, le STRIMM s’étonne et s’indigne de l’absence totale de communication officielle de la Direction générale à l’endroit des représentants des travailleurs. Pour l’organisation syndicale, un tel mutisme est d’autant plus regrettable que l’ampleur des mutations annoncées appelle, au contraire, à davantage de transparence, de responsabilité et de concertation.
Le secrétaire général du syndicat estime que ce silence institutionnel intervient dans un contexte social déjà fragilisé par des tensions récurrentes, notamment à la suite de l’audience accordée par Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement. Dans cette atmosphère déjà électrique, le STRIMM considère qu’un dialogue social sincère, structuré et respectueux des partenaires sociaux ne relève plus d’une simple exigence de forme, mais d’une impérieuse nécessité.
Au-delà de la seule situation interne de l’entreprise, le syndicat voit dans la période actuelle un moment charnière pour le Gabon. Selon lui, les turbulences traversées par le groupe Eramet, conjuguées aux perspectives de recomposition de son capital, pourraient constituer une fenêtre stratégique pour l’État gabonais. Une occasion, soutient-il, de reconsidérer avec lucidité et ambition sa place dans la gouvernance des activités liées à l’exploitation du manganèse, ressource cardinale pour l’économie nationale.
Dans cette optique, le STRIMM formule plusieurs exigences claires. Le syndicat réclame, en premier lieu, une communication immédiate, limpide et responsable de la Direction générale sur la situation du groupe et sur ses implications pour la Comilog. Il en appelle, par ailleurs, à la vigilance des pouvoirs publics, qu’il exhorte à défendre avec fermeté les intérêts supérieurs du Gabon. L’organisation insiste également sur la nécessité de consolider la participation nationale dans la gouvernance, la transformation et la valorisation des ressources minières du pays.
Leave a comment