
Versée mensuellement, la Prime de Performance Budgétaire du mois de mars se fait toujours attendre. Dans les couloirs des régies financières, la colère couve et la frustration gagne du terrain. Des agents, dont certains survivent exclusivement de cette prime, se retrouvent aujourd’hui à jongler avec des fins de mois dramatiques.
C’est un mal profond qui ronge les régies financières gabonaises. Si, sous Omar Bongo, ces administrations jouissaient d’une attractivité certaine et d’une relative stabilité financière, l’ère Ali Bongo a précipité le secteur dans une spirale de gabegie et de désorganisation chronique. Entre la décote brutale de plus de 30 % sur les primes et l’irrégularité endémique des versements qui s’en est suivie, des centaines d’agents se sont retrouvés progressivement étranglés par une précarité qu’ils n’avaient pas anticipée.
Aujourd’hui, malgré la volonté affichée des nouvelles autorités de redresser la barre d’un navire sérieusement à la dérive, les séquelles de l’ancienne gouvernance continuent de se faire sentir avec une acuité douloureuse. Des familles entières peinent à honorer leurs factures courantes. Plus alarmant encore, des enfants se voient contraints de manquer l’école, faute de moyens pour financer leur transport — une réalité qui illustre, avec une cruauté désarmante, la profondeur de la crise sociale qui sévit en silence dans ces administrations.
Face à cette situation qui perdure, des paiements en dents de scie, des dates qui changent chaque mois, les agents des régies financières restent néanmoins accrochés à un espoir fragile : celui d’un dénouement rapide et favorable. Ils appellent les autorités compétentes qui s’efforcent depuis là à ne pas oublier les régies financières dans la vision du pays. Car, ils disent faire partie de ceux-là qui font aussi tourner la machine de l’État.