[Affaire Bilie-By-Nze] Oligui Nguema se dit affecté par le sort de « son ami »

Dans un entretien accordé à France 24, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a tenu à se démarquer des poursuites visant l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze. Le chef de l’État invoque l’indépendance de la justice et récuse toute implication personnelle dans ce dossier politiquement sensible.

Interrogé sur cette affaire à forte résonance politique, le chef de l’État a affirmé avec netteté n’être en rien à l’origine des ennuis judiciaires frappant le président du parti d’opposition Ensemble pour le Gabon (EPG). Une prise de parole directe qui tranche avec la ligne jusque-là portée essentiellement par ses relais officieux et ses porte-parole officiels.

En se prononçant personnellement sur un média international, Oligui Nguema a voulu dissiper les soupçons d’ingérence de l’exécutif dans une procédure qui suscite interrogations, commentaires et crispations au sein de la classe politique gabonaise. Le président a même laissé transparaître une forme d’émotion, se disant touché par ce qui arrive à celui qu’il a présenté comme « son ami ».

Pour étayer sa défense, le dirigeant gabonais a invoqué le principe de la séparation des pouvoirs, qu’il dit effectif au Gabon au même titre que dans les démocraties occidentales, notamment en France. Dans son argumentaire, il a établi un parallèle avec la scène politique française, rappelant que plusieurs responsables publics y font régulièrement l’objet de poursuites judiciaires sans que le président de la République, en l’occurrence Emmanuel Macron, ne soit tenu pour responsable ou soupçonné d’être à la manœuvre.

Par cette comparaison, Brice Clotaire Oligui Nguema cherche manifestement à installer un récit institutionnel : celui d’un Gabon où la justice agirait de manière autonome, en dehors de toute pression du sommet de l’État. Un positionnement politique qui vise autant à rassurer l’opinion qu’à répondre aux accusations, récurrentes dans les rangs de l’opposition, d’une instrumentalisation de l’appareil judiciaire.

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