
Libreville, le 4 avril 2026 — Le mouvement syndical gabonais a vécu, ce samedi, une journée charnière. Réuni en son 4ᵉ Congrès ordinaire au siège de la Confédération Syndicale USAP à la Peyrie, le Syndicat National de la Main d’Œuvre Non Permanente de la Santé Publique (SYNAMONPS) a opéré une transition de gouvernance méticuleusement orchestrée, couronnant Aubezault Junior d’une légitimité démocratique incontestable. Il succède ainsi à Deuce Amédée Moussavou, figure tutélaire de l’organisation, que l’heure de la retraite bien méritée a appelé vers d’autres horizons.
Les délégués, issus des quatre coins de la République — Nyanga, Woleu-Ntem, Moyen-Ogooué, Ngounié et Libreville-Owendo — ont convergé vers la capitale avec une conviction partagée : forger les contours d’une nouvelle dynamique au service des travailleurs non permanents de la santé publique. Loin d’un simple exercice statutaire, ce congrès s’est révélé être une véritable agora militante, un espace de délibération où la démocratie syndicale a réaffirmé toute sa vigueur.

Le legs d’un bâtisseur : le bilan éloquent de Deuce Amédée Moussavou
L’ouverture des travaux a été faite par l’allocution du Président sortant. En deux mandats à la barre, Deuce Amédée Moussavou aura façonné les fondations d’une organisation pérenne : implantation nationale consolidée, défense acharnée des dossiers soumis aux conseils de discipline, et promotion assidue du dialogue social. Son bilan moral, jugé unanimement positif par l’assemblée, témoigne d’un engagement sans failles au service de la cause des travailleurs précaires de la santé.Son bilan financier, quant à lui, a suscité une réflexion plus nuancée. Le président sortant a mis en lumière une réalité alarmante : la désaffection cotisationnelle des adhérents, véritable talon d’Achille du fonctionnement syndical. Plus saisissant encore, il a révélé que le bureau sortant a opéré durant l’intégralité de son mandat sans percevoir les cotisations de ses membres, s’appuyant exclusivement sur ses propres deniers. L’effort consenti, estimé à 6 000 000 F CFA, a suscité une ovation méritée de l’assemblée, qui a salué avec émotion un tel sacrifice patrimonial au service du collectif.
Le verdict des urnes : une élection serrée, un choix tranché
La mise en place du bureau du Congrès, co-présidée avec rigueur et impartialité par les Vice-Présidents de l’USAP, les camarades Axelle Legnongo et Serghes Mickala-Moundanga, a permis d’établir avec précision le collège électoral et d’enregistrer les candidatures en lice.Trois listes se sont disputé les suffrages de 32 délégués votants, dans un scrutin à la fois tendu et exemplaire. La sentence démocratique est tombée sans équivoque : la liste conduite par Aubezault Junior a raflé 18 voix, soit 56,25 % des suffrages exprimés, s’imposant avec autorité face à la liste Obame Steeve, créditée de 8 voix (25 %), et à la liste Ango Nkoghe Fleury, qui a recueilli 6 voix (18,75 %). Avec plus de la majorité absolue dès le premier tour, le nouveau président s’affirme comme le choix indiscutable d’une base militante en quête de renouveau et d’efficacité.
L’installation officielle du nouveau Président a été solennellement conduite par le leader de l’USAP, le camarade Fridolin Mve Messa, conférant à la cérémonie toute la gravité et le prestige institutionnel qu’elle méritait. La passation de charges — symbolisée par la transmission des dossiers de prédécesseur à successeur — a matérialisé le passage de relais, marquant l’aube d’une ère nouvelle sous la 5ᵉ République gabonaise.La clôture des travaux, prononcée par la Vice-Présidente de l’USAP, a scellé ce congrès avec la solennité qui sied à un tel événement. Le SYNAMONPS se repositionne désormais en ordre de bataille pour les prochaines élections professionnelles, armé d’une équipe dirigeante régénérée et d’une feuille de route ambitieuse.
Les défis d’une mandature sous haute surveillance
Le nouveau bureau exécutif n’a pas tardé à dévoiler ses premières priorités. La révision des statuts et du règlement intérieur figure en tête de l’agenda, témoignant d’une volonté de modernisation normative et d’adaptation aux exigences contemporaines du mouvement syndical. Mais le défi le plus pressant demeure celui de la mobilisation cotisationnelle : rompre avec la culture du désengagement financier des adhérents constitue un prérequis incontournable à l’autonomie et à l’efficacité de l’organisation
Aubezault Junior hérite d’une structure aux fondations solides, mais dont la vitalité financière reste à consolider. L’heure est venue de transformer l’élan démocratique de ce congrès en dynamisme opérationnel durable. Le SYNAMONPS, syndicat des invisibles de la santé publique, a rendez-vous avec son destin.
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