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RTN en soins palliatifs : Chamberland monte au créneau pour sauver un fleuron de l’audiovisuel gabonais

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Libreville, le 3 avril 2026 — Il a la réputation de ne pas mâcher ses mots. Depuis son compte Facebook, Chamberland Moukouama, figure incontournable du paysage médiatique gabonais, surnommé « Cash » pour sa franchise légendaire, a sonné l’alarme ce vendredi sur l’état de délabrement avancé de la Radio Télévision Nazareth (RTN). Un cri du cœur, autant qu’un réquisitoire implacable, pour conjurer la disparition annoncée d’un pilier de l’histoire audiovisuelle du Gabon.

La RTN agonise. Nichée à Okala Mikolongo, cette institution médiatique, jadis carrefour incontournable de la parole citoyenne, ressemble aujourd’hui à un champ de ruines. Les stigmates des violences post-électorales d’août 2016, cette présidentielle aux relents de mascarade, toujours contestée en dépit de la chute du régime Bongo, continuent de saigner l’organe. Équipements saccagés, locaux exsangues, outil de production parti en fumée : la destruction n’a jamais été réparée. Dix ans après le traumatisme, la plaie reste béante, et le promoteur, abandonné à son sort, n’a reçu aucune compensation digne de ce nom.

L’héritage d’un visionnaire en péril

la RTN n’est pas une chaîne ordinaire. Enfant de la vision de Georges Bruno Ngoussi — ancien 4 ème vice-président du Sénat de transition, figure de la société civile et homme de foi — elle fut, en son temps, une révolution communicationnelle. Dans un Gabon où la parole des sans-voix se heurtait au mur du silence, la RTN incarnait à elle seule ce que les réseaux sociaux représentent aujourd’hui : un espace de liberté, un forum populaire, un défouloir démocratique. Elle était le Facebook, X, tiktok, télégramme, WhatsApp d’une époque où ces plateformes n’existaient pas encore. Du moins, au Gabon.

Un appel solennel aux décideurs

C’est donc un plaidoyer solennel que Chamberland Moukouama adresse aux plus hautes sphères du pouvoir : intervenir, restructurer, refinancer. Sans un sursaut patriotique urgent et tangible, sans une volonté politique claire de réhabiliter cet organe exsangue, c’est la mort clinique qui attend la RTN. Et avec elle, une nouvelle page arrachée au livre de la liberté de la presse gabonaise. Faute de quoi, elle pourrait disparaitre comme Télé Africa,il y a seulement quelques temps faute d’une véritable politique de redressement.

La bonne volonté des agents qui résistent, l’ambition du promoteur, les idées novatrices qui germent malgré tout dans ce désert institutionnel, rien de tout cela ne suffira sans un coup de pouce décisif venu d’en haut. Oui la RTN est un média privé. Mais, il a été frappé par la politique.

Le compte à rebours est enclenché. La RTN n’attend plus qu’un miracle — ou une décision courageuse. «Cash» y croit.

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