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[Présidentielle -Bénin 2026] Akufo-Addo, l’homme qui a su partir, veille sur la démocratie béninoise

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Dans un communiqué rendu public le vendredi 27 mars 2026, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a officiellement investi l’ancien président ghanéen Nana Akufo-Addo à la tête de sa Mission d’observation électorale au Bénin, en vue du premier tour de la présidentielle fixé au 12 avril 2026. Une désignation portée par le président de la Commission de la CEDEAO, le Dr Omar Alieu Touray, qui résonne bien au-delà du simple protocole institutionnel.

Nana Akufo-Addo n’est pas un observateur ordinaire. Cet ancien chef d’État ghanéen incarne à lui seul l’une des vertus les plus rares sur le continent africain : savoir partir. Dans une région où le syndrome du pouvoir perpétuel gangrène encore trop de palais présidentiels, le Ghana se distingue comme un phare démocratique d’une clarté singulière. Ce pays a l’insigne privilège de pouvoir réunir, lors d’une même investiture, plusieurs anciens présidents — tous vivants, tous libres, tous dignes. Une image qui, en Afrique de l’Ouest, vaut mille discours.

C’est précisément cette stature — celle d’un homme d’État qui a exercé le pouvoir avec tempérance avant de le restituer au peuple souverain — que la CEDEAO a choisi de mettre au service du Bénin. La mission, déployée du 7 au 15 avril, mobilisera une délégation de cent observateurs : diplomates chevronnés, experts électoraux, parlementaires, membres du Conseil des Sages, représentants de la société civile et professionnels des médias. Un dispositif d’observation global, crédible et multidisciplinaire, conçu pour garantir la transparence et la régularité du scrutin.

Le Bénin, de son côté, semble résolument engagé sur la voie tracée par ses pairs démocrates. Le président sortant Patrice Talon, fidèle à la lettre et à l’esprit de la Constitution, ne brigue pas de troisième mandat — un geste républicain qui, en ces temps de confiscations du pouvoir, mérite d’être salué avec force. La campagne électorale, lancée dans la nuit du 26 au 27 mars, bat désormais son plein, et les électeurs béninois seront convoqués aux urnes pour désigner leur nouveau chef d’État jusqu’en 2033, la Constitution révisée en novembre 2025 ayant porté le mandat présidentiel à sept ans.

Certes, des voix discordantes s’élèvent çà et là, dénonçant des irrégularités, des manœuvres de sabotage ou une compétition jugée peu équilibrée — notamment après l’éviction du principal parti d’opposition pour insuffisance de parrainages. Ces crispations, pour légitimes qu’elles soient, ne sauraient occulter l’essentiel : le Bénin avance, et il avance debout.

Dans un espace ouest-africain ébranlé par des coups de force et des transitions autoritaires, ce rendez-vous électoral béninois s’impose comme un test de maturité démocratique. Avec Akufo-Addo aux commandes de la mission d’observation, c’est l’Afrique qui choisit de se regarder dans un miroir — et d’y voir, peut-être, le meilleur d’elle-même.

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