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C’est dans la torpeur d’un jeudi soir, le 26 mars dernier, que Justin Ntoutoume a rendu l’âme, plongeant sa famille, ses confrères et consœurs dans une affliction profonde et sincère. Sa disparition, attribuée à une maladie, vient endeuiller une corporation déjà meurtrie par trop de pertes.
La Grande Faucheuse a une fois de plus frappé à la porte du monde médiatique gabonais avec une cruauté déconcertante. Alors que les plaies laissées par les départs dévastateurs de Loïc Ntoutoume, Jules Esdras et Brice Ndong n’ont pas encore cicatrisé, voilà que Justin Ntoutoume vient s’inscrire, à son tour, dans cette funeste litanie de disparitions prématurées qui laissent toute la corporation dans un désarroi indicible. Ces deuils successifs devraient interpeller plus d’un sur les conditions précaires, parfois inhumaines, dans lesquelles évoluent ces hommes et ces femmes qui ont choisi de servir l’information ce métier noble, certes, mais si souvent ingrat et impitoyable.
Enfant de Libreville, Justin Ntoutoume était un esthète dans l’âme, épris des arts, de la culture et du foisonnement du monde du spectacle. Animé d’une soif intellectuelle intarissable, il avait choisi de parfaire sa formation en Côte d’Ivoire, où il embrassa avec ferveur le journalisme et la communication. À son retour au Gabon, il observa avec un enthousiasme communicatif la métamorphose de la sphère médiatique nationale et l’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication.
Fort de cette vision avant-gardiste, il s’associa à des compatriotes partageant ses ambitions pour donner naissance à « Marque Déposée », un organe de presse pensé comme un écrin pour magnifier et promouvoir les talents gabonais. Le succès fut fulgurant. Les artistes adhérent massivement à la ligne éditoriale audacieuse de la publication, qui s’imposa rapidement comme une référence incontournable dans le paysage culturel local.
Justin Ntoutoume investit ensuite l’univers de l’audiovisuel avec la même ardeur, officiant sur les ondes de Radio Street 103 et prêtant sa voix à des chroniques remarquées sur Africa Numéro 1, aux côtés du talentueux Régis Massimba. Infatigable défenseur de la musique gabonaise, il fut un passeur de mémoire et un promoteur acharné de la scène artistique nationale, tissant avec les créateurs des liens aussi solides que sincères.
Agent de l’Agence Gabonaise de Presse (AGP), Justin Ntoutoume avait trouvé un second souffle dans le développement d’un service audiovisuel dynamique et innovant. Toujours en quête de nouveaux espaces d’expression, il était également une voix influente sur les réseaux sociaux, notamment sur sa page Facebook, où il distillait avec finesse son regard acéré sur l’actualité et les soubresauts de la vie gabonaise.
La disparition de Justin Ntoutoume laisse un vide béant, une blessure vive dans le tissu médiatique du Gabon. Il s’en va en laissant derrière lui une famille dévastée, des amis inconsolables et des collègues qui lui vouaient une admiration et une affection profondes.
La rédaction de La Médiane s’incline avec une profonde tristesse devant la mémoire de Justin Ntoutoume et adresse à sa famille, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble de la communauté des médias gabonais ses condoléances les plus émues et les plus sincères.
Que la terre de ses ancêtres lui soit douce et légère.
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