
Libreville, le 25 juin 2026. Ils sont dix-huit — hommes et femmes — à avoir franchi les portes de l’école inter-États de la CEMAC, le diplôme en poche et l’espoir chevillé au cœur. Pourtant, depuis leur retour au Gabon, ces lauréats s’enlisent dans un no man’s land administratif qui n’en finit plus de s’étirer. Face à l’inertie des institutions, ils multiplient les appels du pied vers les plus hautes sphères de l’État, en tête desquelles le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, chef de l’État et du gouvernement.
Ces dix-huit ressortissants gabonais avaient répondu à leurs frais à un concours organisé par l’école inter-États de la CEMAC — structure sous-régionale formant aux métiers de la gestion publique et des administrations financières. Candidats libres, ils s’étaient inscrits de leur propre initiative, sans mandat ni détachement officiel de la part de certaines institutions gabonaises concernées. Une nuance qui, aujourd’hui, se retourne contre eux.
Car c’est précisément cet argument que brandissent certaines institutions pour se défausser de toute responsabilité : n’ayant pas elles-mêmes diligenté ces agents vers l’école sous-régionale, elles estiment n’avoir aucune obligation de les intégrer à l’issue de leur formation. Résultat : des diplômés qualifiés, recrutables, mais auxquels aucune porte ne s’ouvre. Pendant ce temps, leurs homologues des pays voisins ayant suivi le même cursus ont, selon leurs propres témoignages relayés sur les réseaux sociaux — notamment sur Gabon Media Time —, été régulièrement absorbés par leurs administrations nationales respectives.
La situation, dont les prémices remontent à la période 2018-2020 et qui s’est cristallisée depuis 2023, a fini par émerger dans l’espace public. En marge de l’émission commémorant les cent jours du gouvernement, le ministre du Budget et des Finances, Thierry Minko Mi-Ayong, avait été abordé sur ce dossier, visiblement à sa surprise. Il avait alors reconnu l’existence du problème tout en rappelant les contraintes actuelles pesant sur la masse salariale de l’État : « Vous savez qu’aujourd’hui, dans le cadre de la gestion rigoureuse des finances publiques, on organise les départs en stage », avait-il déclaré, esquissant ainsi une réponse de principe sans engager de solution concrète.
Une rencontre aurait néanmoins été organisée dans la foulée entre les diplômés et les autorités compétentes. Des assurances auraient été formulées. Mais voici bientôt un mois que le silence a de nouveau recouvert ce dossier, sans qu’aucune suite tangible n’ait été donnée aux engagements évoqués.
Lassés d’attendre, les dix-huit diplômés haussent le ton et renouvellent leur interpellation directe au président Oligui Nguema, lui demandant de trancher personnellement ce nœud gordien administratif. Entre certaines institutions qui se dégagent de toute tutelle sur ces agents et un ministère des Finances contraint par les impératifs budgétaires, ces jeunes cadres qualifiés se retrouvent à la croisée de silences institutionnels qui n’honorent ni l’État ni l’ambition proclamée de la transition de valoriser la ressource humaine gabonaise.
Le dossier, jusqu’ici confiné aux couloirs de l’administration et aux fils d’actualité des réseaux sociaux, attend désormais un arbitrage à la hauteur de son urgence.
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